Londres menace Pékin de "conséquences" en cas de non respect des libertés à Hong Kong

Tout en dénonçant la "violence", le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a dit comprendre "pourquoi les gens sont en colère" dans cette ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, le 2 juillet 2019 à Belfast (Royaume-Uni).
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, le 2 juillet 2019 à Belfast (Royaume-Uni). (PETER MORRISON / AFP)

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a menacé la Chine de "graves conséquences" si elle ne respecte pas l'accord de 1984 garantissant des libertés à Hong Kong.

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"Hong Kong fait partie de la Chine et nous devons l'accepter, a-t-il déclaré mardi 2 juillet, lors d'un événément de la campagne pour désigner le futur chef du Parti conservateur. Mais les libertés à Hong Kong sont inscrites dans une déclaration commune. (...) Nous nous attendons à ce qu'un accord juridiquement contraignant soit honoré et si ce n'est pas le cas, il y aura des conséquences graves." Au terme de l'accord de 1984 entre Londres et Pékin, qui a présidé à son retour dans le giron chinois en 1997, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047.

"Nous comprenons pourquoi les gens ont peur"

Le chef de la diplomatie britannique avait déjà exprimé le "soutien indéfectible" de son pays à Hong Kong et à ses libertés lundi, jour anniversaire de la rétrocession de ce territoire à la Chine, marqué par l'assaut du Parlement local par des manifestants hostiles au gouvernement pro-Pékin de Hong Kong. Il a de nouveau fait part de son inquiétude sur la question des libertés. "Aucun de nous n'approuve la violence que nous avons vue à la télévision hier soir, mais nous comprenons pourquoi les gens sont en colère et ont peur qu'on leur retire leurs libertés fondamentales."

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Interrogé sur le même sujet à la Chambre des communes, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Alan Duncan, a déclaré que le gouvernement britannique "rejet[ait] l'affirmation du gouvernement chinois selon laquelle la déclaration commune est un document historique, ce qui est une façon pour eux de signifier qu'elle n'est plus valable et que nos droits et obligations en vertu de ce traité ont pris fin". Selon lui, "la déclaration commune sino-britannique de 1984 oblige le gouvernement chinois à maintenir le haut degré d'autonomie de Hong Kong, ainsi que ses droits et libertés".