Nouveaux heurts à Hong Kong où le mouvement pro-démocratie entre dans sa quatrième semaine

Vingt personnes ont été blessées, a confirmé le gouvernement local, sans préciser s'il s'agissait de policiers ou de manifestants.

De nouveaux heurts ont éclaté à Hong Kong, dimanche 19 octobre 2014. 
De nouveaux heurts ont éclaté à Hong Kong, dimanche 19 octobre 2014.  (ALEX OGLE / AFP)

Sur fond de violences, la mobilisation pro-décmocratie à Hong Kong entre dans sa quatrième semaine. Dimanche 19 octobre, des dizaines de policiers en tenue antiémeute ont chargé un groupe de manifestants à Mongkok, l'un des trois sites occupés par les protestataires dans l'ancienne colonie britannique aujourd'hui sous tutelle chinoise. Selon l'AFP, qui assure que des manifestants ont été évacués en civières, ils ont notamment été frappés à coups de bâtons.

Vingt personnes ont été blessées, a confirmé le gouvernement local, sans préciser s'il s'agissait de policiers ou de manifestants.

Les manifestants dénoncent un "usage excessif de la force"

Policiers et manifestants ont livré des versions divergentes sur les causes de cette quatrième nuit consécutive de troubles : la police, qui tentait de rouvrir à la circulation une artère importante, a assuré avoir fait preuve de retenue et avoir agi au moment où les protestataires avaient "soudainement tenté de forcer" ses cordons. Les policiers ont utilisé un "minimum de force pour disperser" les manifestants "afin d'éviter que la situation ne dégénère", a-t-elle dit.

Les manifestants ont quant à eux expliqué n'avoir rien fait pour provoquer les policiers. Les forces de l'ordre ont chargé lorsqu'ils ont ouvert leurs parapluies, symbole de la mobilisation pour réclamer davantage de libertés démocratiques, expliquent-ils.

Encore trois sites occupés 

Depuis le début de la mobilisation pacifiste, mi-septembre, le nombre de manifestants s'est considérablement réduit. Ils occupent désormais toujours trois sites dans la ville, perturbant sérieusement la circulation automobile, les transports publics et l'activité économique dans ce centre international du capitalisme financier.

Appelant plusieurs fois les manifestants à se disperser, le ministre des Finances John Tsang a estimé que la campagne pro-démocratie avait atteint un point "critique".  "J'ai été jeune et j'ai pris part à divers mouvements étudiants", écrit-il sur son blog officiel. "Battre en retraite ne sera pas facile (...) Je crois que vous aurez le courage de prendre les bonnes décisions en ce moment critique", a-t-il encore lancé.

Si le gouvernement se propose de rencontrer des responsables étudiants, à l'origine du mouvement, les protestataires ne se font guère d'illusions. Peu d'observateurs s'attendent à ce que Pékin, qui craint la contagion démocratique, fasse la moindre concession.