Hong Kong : les candidatures aux législatives de Joshua Wong et de onze autres opposants à Pékin invalidées

Les Hongkongais sont appelés aux urnes, début septembre, pour des élections cruciales au Conseil législatif, neuf mois après le triomphe du mouvement pro-démocratie aux élections locales.

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Le militant pro-démocratie Joshua Wong (à gauche), fait campagne le 11 juillet 2020 lors d'une élection primaire pour sélectionner les candidats de l'opposition pro-démocratie pour l'élection du conseil législatif de la ville en septembre, à Hong Kong. (MAY JAMES / MAY JAMES / AFP)

Les candidats recalés ont aussitôt dénoncé un "mépris total" de Pékin envers les Hongkongais. Les candidatures aux élections législatives hongkongaises de 12 militants pro-démocratie, parmi lesquels Joshua Wong, figure du "Mouvement des Parapluies", ont été invalidées, a-t-on appris jeudi 30 juillet. Dans un communiqué, le gouvernement local a sobrement confirmé son "soutien" à "la décision (...) d'invalider 12 candidatures aux élections au Conseil législatif".

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Les Hongkongais sont appelés aux urnes, début septembre, pour des élections cruciales au Conseil législatif (LegCo, le Parlement local), neuf mois après le triomphe du mouvement pro-démocratie aux élections locales, alors que l'ex-colonie britannique a vécu en 2019 sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

"Pékin cherche à maintenir le parlement sous son joug"

"Je viens juste d'être disqualifié pour les élections au LegCo, alors que j'étais le plus grand vainqueur des primaires", a annoncé dans un tweet Joshua Wong, visage du "Mouvement des Parapluies" en 2014. Plus de 600 000 Hongkongais ont participé mi-juillet aux primaires organisées par les partis du camp pro-démocratie dans la ville de 7,5 millions d'habitants.

"Pékin fait preuve d'un mépris total à l'égard de la volonté des Hongkongais, foule aux pieds (...) l'autonomie de la ville et cherche à maintenir le parlement hongkongais sous son joug", a ajouté Joshua Wong. Il a dénoncé "la mesure de répression la plus importante" contre le camp pro-démocratie, en expliquant que les autorités avaient disqualifié "presque tous les candidats pro-démocratie, depuis les groupes progressifs les plus récents aux partis modérés traditionnels".

Une assemblée quasiment acquise à Pékin

Le LegCo compte 70 membres désignés selon un système alambiqué qui garantit presque à coup sûr une majorité au bloc pro-Pékin. Seuls 35 sont en effet élus au suffrage universel direct, les autres étant principalement désignés par des groupes socio-professionnels acquis à la Chine continentale. Mais les mouvements d'opposition espéraient traduire à nouveau dans les urnes le succès de leur extraordinaire mobilisation de l'an passé.

Hong Kong a été le théâtre pendant six mois de manifestations quasi quotidiennes pour défendre les libertés et dénoncer les ingérences de la Chine dans les affaires de sa région semi-autonome. La popularité de ces revendications s'est confirmée lors des élections locales de novembre marquées par un triomphe du camp pro-démocratie, qui a pris le contrôle de 17 des 18 districts du territoire.

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