Hong Kong : l'éditeur Blizzard critiqué après avoir banni d'un tournoi de jeu vidéo un joueur qui avait exprimé son soutien aux manifestants

Le joueur hongkongais "Blitzchung" a profité d'une interview à l'issue d'un match victorieux pour reprendre l'un des slogans des manifestants de l'archipel.

Le stand Activision Blizzard au salon de l\'E3, à Los Angeles, le 12 juin 2013.
Le stand Activision Blizzard au salon de l'E3, à Los Angeles, le 12 juin 2013. (MAXPPP)

Après la NBA, la crise à Hong Kong s'invite dans le milieu du jeu vidéo. Blizzard Activision, éditeur du jeu de cartes Hearthstone, est vertement critiqué depuis le mardi 8 octobre pour avoir disqualifié et banni d'une compétition un joueur professionnel originaire de Hong Kong qui avait apporté son soutien aux manifestants pro-démocratie de l'archipel.

Lors de l'édition Asie-Pacifique de la compétition "Grandmasters 2019", l'une des plus prestigieuses diffusée en direct sur internet par l'éditeur du jeu de cartes, le joueur hongkongais appelé "Blitzchung" a profité d'une interview à l'issue d'un match victorieux pour reprendre l'un des slogans des manifestants qui dénoncent depuis juin l'influence grandissante de Pékin.

"Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps !", a ainsi lancé le joueur, de son vrai nom Chung Ng Wai, avant que la régie ne mette fin à l'entretien. 

Dans un communiqué diffusé mardi sur son site internet (en anglais), l'éditeur a invoqué la violation de son règlement, qui interdit de "porter atteinte à l'image de Blizzard", pour suspendre le joueur hongkongais de la compétition, le priver de ses gains accumulés jusque-là et l'interdire de tournois pendant un an.

"Bien que nous respections le droit de chacun d'exprimer ses pensées et opinions, les joueurs et autres participants qui choisissent de participer à nos compétitions sportives doivent se conformer aux règles officielles de la compétition", conclut le texte.

Appels au boycott

Cette décision a provoqué une vague de protestations. Sur les réseaux sociaux, de nombreux joueurs ont annoncé leur intention de ne plus dépenser d'argent dans les jeux édités par Blizzard, comme World of Warcraft, Overwatch ou Diablo.

Des employés de l'éditeur ont également recouvert en guise de protestation les slogans "Pensez mondial" et "Chaque voix compte", inscrits autour d'une statue au siège de l'entreprise. D'autres joueurs ont enfin profité de la diffusion d'un tournoi universitaire sur internet mardi pour afficher une banderole de soutien aux manifestants hongkongais.

Blizzard n'a pas encore réagi à ces nombreuses manifestations de défiance de la part des joueurs.