Hong Kong : la télévision chinoise annule la diffusion de deux matchs NBA après un tweet polémique d'un dirigeant de club

Sur Twitter, le directeur général des Houston Rockets a soutenu les manifestations pro-démocratie, provoquant la colère de Pékin.

Le patron de la NBA Adam Silver, le 17 janvier 2019 à Londres (Royaume-Uni).
Le patron de la NBA Adam Silver, le 17 janvier 2019 à Londres (Royaume-Uni). (GLYN KIRK / AFP)

La crise diplomatique entre Pékin et la NBA prend un peu plus d'ampleur. La télévision publique chinoise a annoncé, mardi 8 octobre, qu'elle allait "suspendre" la programmation de deux matchs de pré-saison, après la publication d'un tweet de Daryl Morey, le dirigeant des Houston Rockets, sur la situation à Hong Kong. L'antenne sportive de la CCTV était censée diffuser deux rencontres entre les Brooklyn Nets et les Los Angeles Lakers pourtant organisés à Shanghai et Shenzen, dans un pays fan de basket et le plus gros marché de développement pour la ligue nord-américaine.

La brouille a commencé lorsque le directeur général de la franchise texane de basket a posté sur Twitter un message de soutien aux manifestations pro-démocraties dans la région autonome chinoise de Hong Kong. La Chine, très sensible sur les questions de souveraineté, avait aussitôt réagi. La télévision publique CCTV avait annoncé qu'elle ne retransmettrait plus les matchs du club et des sponsors locaux ont menacé de rompre leurs liens avec lui.

Le patron de la NBA, Adam Silver, a regretté lundi un message aux "conséquences assez dramatiques", avant de modérer ses propos.

Je tiens à préciser que Daryl Morey est soutenu quant à son droit d'exercer sa liberté d'expression.Adam Silverà l'agence japonaise Kyodo News

Ce sont ces derniers propos, loin des excuses attendues par Pékin, qui ont motivé la décision de la télévision CCTV. "Nous faisons part de notre profond mécontentement et de notre profonde opposition quant à l'utilisation par Adam Silver du prétexte de la liberté d'expression afin de soutenir Daryl Morey", a justifié la chaîne. "Nous estimons que tout propos qui remet en cause la souveraineté nationale et la stabilité sociale n'entre pas dans le champ de la liberté d'expression", a-t-elle souligné sur le réseau social Weibo.