Hong Kong : la NBA multiplie les excuses envers la Chine après un tweet pro-démocratie d'un dirigeant de club

Le directeur général des Houston Rockets, Daryl Morey, a apporté son soutien aux manifestations. Ce message a suscité un tollé en Chine, un pays représentant le plus gros marché de développement pour la ligue de basket nord-américaine.

Les joueurs des Rockets James Harden et Russell Westbrook sur le banc d\'un match de pré-saison contre Shangai, le 30 septembre 2019.
Les joueurs des Rockets James Harden et Russell Westbrook sur le banc d'un match de pré-saison contre Shangai, le 30 septembre 2019. (BOB LEVEY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

L'équipe NBA de Houston tente de calmer le jeu après le tweet de son directeur général qui a suscité une vague d'indignation en Chine. Daryl Morey avait publié sur Twitter une image accompagnée du message "Lutter pour la liberté. Soutien à Hong Kong", avant de l'effacer. La chaîne d'Etat chinoise CCTV a ensuite annoncé qu'elle ne retransmettrait plus les matchs des Rockets et plusieurs sponsors ont menacé de rompre les ponts avec le club texan.

Des fans chinoise des Houston Rockets brandissent des maillots de James Harden à l\'aéroport international de Shangai (Chine), le 29 juin 2018.
Des fans chinoise des Houston Rockets brandissent des maillots de James Harden à l'aéroport international de Shangai (Chine), le 29 juin 2018. (ZHONG FUBAO / IMAGINECHINA / AFP)

Il faut dire que les Houston Rockets jouissent d'une forte popularité en Chine depuis que le pivot chinois Yao Ming y a joué toute sa carrière. Ce mini-séisme commercial a poussé la NBA à jouer la carte de l'apaisement dans un pays représentant le plus gros marché de développement pour la ligue nord-américaine. "Nous nous excusons. Nous aimons la Chine. Nous aimons jouer là-bas", a déclaré James Harden, la star de Houston, en présence de son coéquipier Russell Westbrook.

A l'image de Harden, tous les principaux acteurs du basket américain ont pris leurs distances avec ce message de Daryl Morey en soutien aux manifestations pro-démocratie à Hong Kong. Dans un communiqué, la NBA a notamment déclaré que le point de vue de Daryl Morey "a offensé tant de nos amis et fans en Chine" et jugé ses propos "regrettables". Une version chinoise du communiqué, postée sur le réseau social Weibo, va même plus loin en assurant que la NBA était "profondément déçue par les remarques inappropriées du dirigeant des Rockets".

Un message effacé, un rétropédalage critiqué

Joseph Tsai, le propriétaire des Brooklyn Nets, un milliardaire taiwanais-canadien, a expliqué dans un message pourquoi le tweet était intolérable pour Pékin et les Chinois. "Le problème est que certains sujets constituent des problèmes intouchables dans certains pays, sociétés et communautés", a-t-il écrit sur Facebook (en anglais). "Les dégâts provoqués par cet incident mettront du temps à s'effacer", a estimé le patron des Nets.

"Je n'avais pas l'intention d'offenser les fans des Rockets ni mes amis en Chine avec mon tweet", a rétropédalé Daryl Morey. "J'ai simplement exprimé une pensée, basée sur une interprétation d'une situation compliquée", a-t-il encore ajouté. Il a aussi insisté sur le fait que ses tweets ne représentaient "en aucun cas" son club, très populaire en Chine, ni de la NBA.

J'ai eu beaucoup d'occasions depuis ce tweet d'entendre d'autres points de vue.Daryl Moreysur Twitter

Mais les excuses de la NBA sont loin de faire l'unanimité aux Etats-Unis, et particulièrement dans le Texas. La ligue s'est en effet attirée les foudres d'un candidat démocrate à la présidentielle américaine en 2020, le Texan Beto O'Rourke, qui les a qualifiées "d'embarrassantes""La seule chose pour laquelle la NBA devrait s'excuser, c'est la flagrante priorité donnée à l'argent au dépens des droits de l'homme", a regretté le responsable politique.

"Nous valons mieux que ça, les droits de l'homme ne devraient pas être à vendre et la NBA ne devrait pas soutenir la censure communiste chinoise", a également écrit sur Twitter l'ancien sénateur républicain Ted Cruz, évoquant aussi un "honteux rétropédalage".