Des salariés de Google inquiets des implications "éthiques" du projet de moteur de recherche en Chine

L'entreprise américaine souhaite relancer une version de son moteur de recherche adapté à la Chine. En interne, le projet fait débat.

Les bureaux de Google à Pékin, le 7 août 2018.
Les bureaux de Google à Pékin, le 7 août 2018. (MAXPPP)

Le patron de Google Sundar Pichai a assuré, selon des propos rapportés vendredi 17 août par l'agence Bloomberg, que la piste d'un retour du géant de l'internet en Chine était pour l'heure "exploratoire", après avoir été interpellé par des salariés inquiets. Des centaines d'employés de Google ont signé une lettre de protestation contre le développement d'une version de son moteur de recherche adaptée aux exigences de censure en Chine, selon le New York Times.

"Nous ne sommes pas proches d'un lancement d'un moteur de recherche en Chine", a assuré Sundar Pichai devant le personnel, selon une retranscription que Bloomberg a pu consulter. "Notre mission est d'organiser l'information du monde et la Chine représente 20% de la population mondiale. Je pense que si nous souhaitons remplir notre mission, nous devons réfléchir sérieusement à comment faire plus dans ce pays", a toutefois ajouté Sundar Pichai.

Une lettre signée par 1 400 salariés

Les quelque 1 400 signataires de la lettre demandent plus de transparence pour comprendre les implications "éthiques" de ce projet, dans ce document diffusé en interne. "Actuellement nous n'avons pas assez d'information pour prendre des décisions éclairées sur le plan éthique concernant notre travail, nos projets et notre emploi", selon un extrait de la lettre cité jeudi par le Times.

Face à la censure et aux cyberattaques, le géant californien avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2010 et nombre de ses services restent depuis bloqués dans la deuxième économie mondiale. Mais Google est en train de tester un moteur de recherche conforme aux exigences des autorités chinoises, au grand dam de militants des droits de l'Homme et d'employés, a rapporté début août le magazine en ligne The Intercept. Ce projet est baptisé "Dragonfly".