Chine : le Parlement européen dénonce les violations des droits des Ouïghours

Il a massivement adopté, jeudi, une résolution condamnant le système chinois de travail forcé mis en place contre les minorités ouïghoure, kazakhe et kirghize.

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Le Parlement européen, à Bruxelles, le 16 décembre 2020. (JOHN THYS / AFP)

Un message du Parlement européen à la Chine. Il a massivement adopté, jeudi 17 décembre, une résolution condamnant le système chinois de travail forcé mis en place contre les minorités ouïghoure, kazakhe et kirghize, victimes de violations des droits humains "assimilables à des crimes contre l'humanité", selon un communiqué.

Cette résolution non contraignante, adoptée par 604 voix (20 contre, 57 abstentions), accuse la Chine d'exercer une oppression croissante sur de nombreuses minorités religieuses et ethniques. Cette oppression "porte atteinte à leur dignité humaine, viole leur liberté d'expression culturelle, de croyance religieuse, leur droit à la liberté de parole et d'expression, ainsi que leur droit à la liberté de réunion et d'association pacifique".

Les eurodéputés exhortent Pékin "à mettre immédiatement un terme à la pratique des détentions arbitraires sans chef d'inculpation, des procès et des condamnations pénales à l'encontre des Ouïghours et des membres d'autres minorités musulmanes, à fermer tous les camps et centres de détention pour les minorités ethniques victimes d'incarcération de masse, et de libérer sans délai et sans conditions les détenus", selon le communiqué du Parlement.

"Lâcheté" et "complicité de la communauté internationale", selon Raphaël Glucksmann

L'eurodéputé français Raphaël Glucksmann (groupe Socialistes&Démocrates), très engagé dans ce dossier, attend de cette déclaration qu'elle mette "fin à quatre ans de lâcheté et de complicité de la communauté internationale et en particulier des dirigeants européens", a-t-il dit sur RFI avant le vote. 

"J'accuse les dirigeants du Parti communiste chinois du pire crime contre l'humanité du XXIe siècle : la déportation et l'éradication du peuple ouïghour. J'accuse la communauté internationale de consentir à ce crime par son silence et sa passivité", a-t-il déclaré devant le Parlement européen.

Des organisations de défense des droits de l'Homme accusent Pékin d'avoir interné au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) au moins un million de musulmans dans des "camps de rééducation". Pékin parle de "centres de formation professionnelle" destinés à éloigner la population de l'extrémisme religieux. Les autorités chinoises ont engagé dans cette région une politique de surveillance maximale après de nombreux attentats meurtriers, commis contre des civils et attribués à des séparatistes et islamistes ouïghours.

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