Après les Etats-Unis, le Parlement canadien reconnaît un "génocide" contre les Ouïghours

La motion non contraignante adoptée par la Chambre des communes reconnaît que "les Ouïghours en Chine ont été et sont soumis à un génocide".

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France Télévisions
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Une manifestante proteste contre la répression envers les Ouïghours par la Chine, à Washington, le 14 août 2020. (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les députés canadiens ont adopté, lundi 22 février, une motion non contraignante assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à "un génocide", provoquant la colère de Pékin qui l'a qualifiée de "provocation malveillante".

La motion, déposée à l'initiative des conservateurs (opposition), a été adoptée à la Chambre des communes par 266 voix sur 338. Elle appelle également le gouvernement de Justin Trudeau à se ranger à cet avis. Les autres députés, notamment les ministres du gouvernement libéral de Justin Trudeau, se sont abstenus.

"Enormes violations"

Pour appuyer leur demande, les députés pointent notamment "l'endoctrinement politique et antireligieux", "le travail forcé" et "la destruction de sites culturels" que subit cette minorité musulmane dans le Xinjiang. Un amendement à la motion demandant que les Jeux olympiques d'hiver de Pékin de 2022 soient déplacés si le "génocide" se poursuit, a également été adopté.

Selon des études d'instituts américains et australiens, au moins un million de Ouïghours musulmans ont été internés dans des camps du Xinjiang et certains ont été soumis à du travail forcé ou à des stérilisations forcées. La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les "camps" sont des "centres de formation professionnelle" destinés à éloigner la population de l'extrémisme religieux islamiste, après des attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours.

Vendredi, le Premier ministre Justin Trudeau a admis que "d'énormes violations des droits de l'homme ont été signalées dans le Xinjiang". Il a précisé, à l'issue d'une réunion du G7, que le Canada se concertait avec ses partenaires quant à l'utilisation du terme "génocide" déjà employé par l'administration de Donald Trump.

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