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Affaire Peng Shuai : l'interview de la tenniswoman dans le journal l'Equipe est "un geste de propagande", affirme une sinologue

Selon la sinologue Marie Holzman, c'est une "habitude pour les spécialistes de la Chine d'assister à des confessions forcées."

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
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Peng Shuai pendant son match de simple dames contre la Russe Elena Vesnina lors du tournoi de Zhuhai, dans la province du Guangdong en Chine, le 3 novembre 2017. (STR / AFP)

L'interview de la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai parue lundi 7 février dans le journal L'Equipe est "un geste de propagande" du régime, affirme sur franceinfo la sinologue Marie Holzman. Avec cet entretien accordé (sous conditions) à un grand média étranger, le régime chinois "se donne du temps, il joue sur notre capacité d'oubli qui est immense", explique la spécialiste de la Chine contemporaine.

Début novembre, Peng Shuai avait publié un message sur un réseau social chinois accusant un cadre du parti communiste de viol. La joueuse de tennis avait rapidement effacé ses mots et avait disparu dans la foulée.

"Le fait que Peng Shuai ait sorti cette information une centaine de jours avant l'ouverture des JO de Pékin a été une catastrophe pour le gouvernement chinois", estime Marie Holzman, qui avance que "c'est pour cela qu'il a réagi avec la violence qu'on a vu, avant de rétropédaler en montrant que Peng Shuai allait bien, souriante, au milieu de ses nounours."

Des "confessions forcées", une "habitude"

Ces images n'étonnent pas Marie Holzman, qui rappelle que c'est une "habitude pour les spécialistes de la Chine d'assister à des confessions forcées". De nombreux avocats, journalistes et même des étrangers qui travaillaient en Chine ont été obligés de faire des confessions forcées devant les caméras chinoises en disant "oui, oui, je suis coupable et je demande au reste de l'humanité de cesser de s'intéresser à mon sort et de me laisser ma vie privée tranquille."

Peng Shuai a rencontré samedi 5 février à Pékin le président du Comité international olympique, Thomas Bach. La sinologue Marie Holzman critique l'organisation : "Le CIO n'arrête pas de se compromettre, il l'avait déjà fait à Sotchi, et là il contrevient à tous ses principes, comme le respect des valeurs universelles. Il ne faut pas encourager une dictature qui est en train de virer au fachisme totalitaire, c'est de la folie de collaborer avec eux aujourd'hui", juge Marie Holzman.

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