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Centrafrique : les rebelles prennent Bangui, la France envoie des renforts

C'était l'objectif principal des rebelles de la Séléka qui menacent de renverser le régime : la capitale Bangui. Elle est désormais sous leur contrôle. Le président Bozizé a pris la fuite, vers la République démocratique du Congo selon un de ses proches. La ville de Bangui serait désormais en proie aux pillages, le gouvernement français a envoyé des renforts militaires sur place. L'ONU quant à elle condamne ce coup d'Etat et appelle au calme.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

La nouvelle a été confirmée vers 10 heures par le porte-parole du gouvernement centrafricain, Crépin Mboli-Goumba : "Les rebelles contrôlent la ville. J'espère qu'il n'y aura pas de représailles ". Les rebelles qui ont rédigé ce communiqué officiel

Il y aurait encore cependant "des tirs à gauche et à droit e", affirme une source de la Fomac, force multinationale d'Afrique centrale. Tirs peut-être liés aux pillages signalés par de nombreux témoins. L'un d'eux, cité par l'AFP, raconte que "des hommes armés cassent des portes, pillent et après la population vient aussi et se sert ". Plusieurs militaires sud-africains (entre six et neuf selon les sources) ont été tués dans les combats contre les rebelles. L'Afrique du Sud a déployé un contingent de quelque 200 hommes en janvier dernier pour appuyer le président Bozizé.

L'ONU a condamné ce coup d'Etat : dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon "condamne la prise de pouvoir anticonstitutionnelle intervenue en République centrafricaine et appelle au rétablissement rapide de l'ordre constitutionnel. Les accords de Libreville (...) restent le cadre le plus viable pour assurer une paix durable et la stabilité dans le pays ", déclare-t-il. Il appelle également au calme "et au respect de l'état de droit ".

Une offensive éclair

Retour sur cette offensive finale des rebelles de la Séléka qui n'aura pris que quelques heures. Ils l'avaient annoncé tôt ce dimanche matin : "La journée d'aujourd'hui sera décisive. Nos hommes sont dans Bangui, on prend nos emplacements" , affirmait le colonel Djouma Narkoyo, un de leurs chefs, à l'aube, avant de lancer un appel aux Faca (Forces armées centrafricaines) à "déposer les armes et suivre ce qui va se passer ". 

La suite, c'est donc l'avancée d'une colonne de rebelles dans Bangui, alors que les autorités centrafricaines affirmaient samedi soir les contenir au PK12, point kilométrique 12, considéré comme l'entrée de la capitale. Entretemps, la nuit a été calme, malgré une coupure de courant généralisée. Mais au petit matin, des tirs de kalachnikov et d'armes lourdes ont retenti autour du palais présidentiel. Avant l'annonce par les rebelles de la prise du palais, puis de l'Assemblée nationale et de la radio. 

Bozizé introuvable

Mais où se trouve le président Bozizé, au pouvoir depuis 2003 ? Lui qui n'a pas été vu en public depuis une brève visite vendredi à Pretoria, aurait fui Bangui, traversé le fleuve Oubangui et gagné ainsi la République démocratique du Congo voisine, selon un de ses conseillers. Mais Kinshasa affirme ne pas être au courant de son entrée dans le pays. Une autre source a déclaré à l'AFP qu'il serait parti à bord d'un hélicoptère, sans préciser sa destination. 

Dimanche le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a confirmé le départ du président centrafricain. "Alors que se confirme le départ de Bangui du président Bozizé, j'appelle  toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue ", déclare le ministre dans un communiqué. François Hollande appelle également "toutes les parties au  calme et au dialogue autour du gouvernement " d'union nationale.

Dispositif français renforcé

En attendant, selon le correspondant d'RFI, Hippolyte Donossio, les rebelles désormais maîtres de la capitale réclament de l'aide à la France et à la Fomac, Force multinationale d'Afrique centrale, pour sécuriser la ville.

L'armée française a déjà renforcé son dispositif, notamment autour de l'aéroport de Bangui. Quelque 350 soldats français sont arrivés en renfort de Libreville dans le week-end (200 samedi et 150 dimanche), portant à 600 le nombre de soldats français en Centrafrique.

La communauté française sur place représente 1.200 personnes, invitées à rester cloîtrées chez elle. Aucun ordre d'évacuation n'a été donné.

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