Les "petits exportateurs" feront des économies "non négligeables" avec le CETA selon l'économiste Sébastien Jean

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, appelé CETA, a entraîné une série de manifestations samedi 15 octobre, dans une trentaine de ville françaises. Pourtant selon l'économiste Sébastien Jean, cet accord serait une aubaine pour les deux pays.

À Paris, ils étaient 8 000 manifestants selon les organisateurs, près de 1 500 selon la police.
À Paris, ils étaient 8 000 manifestants selon les organisateurs, près de 1 500 selon la police. (CITIZENSIDE/MICHEL STOUPAK / CITIZENSIDE)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 15 octobre en France et dans plusieurs villes européennes contre le CETA, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, qui doit être signé le 27 octobre prochain. Pour l'économiste Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), les craintes des opposants ne sont "pas justifiées". 

franceinfo : Quel est l'enjeu pour la France, et plus généralement l'Union européenne, avec cet accord de libre-échange avec le Canada ?

Sébastien Jean : Il y a un enjeu politique et économique réel. On renforce d'abord le partenariat politique avec le Canada, et en même temps, on espère tirer de cet accord des moyens pour renforcer le dynamisme de nos échanges et, à terme, de notre croissance. Ces échanges sont assez diversifiés, cela va de l'automobile à la chimie, en passant par l'agriculture.

Comment expliquer les craintes des opposants au CETA ?

La négociation du Tafta [l'accord de libre-échange avec les États-Unis, NDLR] a créé une suspicion qui rejaillit sur cet accord avec le Canada. Mais je ne crois pas que le texte du CETA justifie ces craintes. Il y a des éléments qui ont pour objectif de limiter le coût économique des protections mais sans en modifier la nature. En clair, une entreprise qui veut exporter au Canada pourra désormais utiliser les mêmes tests qu'elle utilise pour obtenir sa certification en Europe, par exemple pour prouver que les jouets ou les tissus qu'elle fabrique ne sont pas inflammables. Plus besoin de refaire une certification au Canada. Cela permettra d'économiser des coûts non négligeables, en particulier pour les petits exportateurs.

Comment expliquez-vous que la France soit totalement opposée à la poursuite des discussions sur l'accord de libre-échange avec les États-Unis mais favorable à un accord avec le Canada ?

D'abord parce que l'accord avec les États-Unis a été annoncé avec une plus grande ambition, en particulier sur les accords réglementaires. Ensuite parce que les États-Unis sont un partenaire à part. L'Europe, jusqu'à présent, a toujours négocié avec des partenaires qui étaient beaucoup plus petits qu'elle. Avec les États-Unis, on se retrouve sur un pied d'égalité d'un point de vue commercial. Et je pense que cela entretient plus de craintes par rapport aux conséquences d'un accord.

CETA : Un accord pour "renforcer la croissance" selon l'économiste Sébastien Jean
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