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Immobilier : au Canada, les étrangers ne peuvent plus acheter de logements jusqu’en 2025

Depuis le 1er janvier 2023 et pendant les deux prochaines années, les étrangers n’auront plus le droit d’acheter de logements au Canada. Cette nouvelle loi a pour objectif de lutter contre la pénurie de maisons et d’appartements dans le pays. Pour ceux qui avaient prévu d’investir cette année au Canada, c’est donc raté.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Plus de maisons à vendre aux étrangers au Canada jusqu'en 2025 (illustration) (MARK RALSTON / AFP)

Si un étranger arrive au Canada avec l’intention d’investir dans l’immobilier, il devra patienter jusqu’en 2025. Le Premier ministre Justin Trudeau a en effet fait adopté au printemps une loi en ce sens, estimant que les investisseurs étrangers tiraient les prix vers le haut, compliquant ainsi l’accès à la propriété des Canadiens. 

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Dans son agence immobilière, Philippe Carcone accompagne les Français qui investissent au Québec. Il ne pense pas perdre de clients car, selon lui, l’achat est remis à plus tard. "Les personnes qui viennent vont louer dans un premier temps parce qu’elles ne connaissent pas l’endroit où elles vont travailler et vivre. Et ce délai va leur permettre d’avoir un statut", avance-t-il. Deux exceptions sont en effet prévues dans la nouvelle loi pour les résidents permanents et les réfugiés.

Les chalets et "plex" restent accessibles à l'achat

Pour les investisseurs étrangers, il reste toujours des solutions pour acheter, précise Philippe Carcone car la loi ne s'applique qu'aux résidences en ville et pas aux structures touristiques : "Des immeubles récréatifs, comme des chalets, destinés à la location, et les immeubles de trois logements et plus, qu’on appelle des plex, donc des 4plex, 5plex et plus, ne sont pas non plus concernés par cette loi", détaille l’agent immobilier. 

L’autre objectif avancé par le ministre du Logement canadien, c’est que tous les résidents du pays aient un logement abordable. Mais, selon le chercheur Louis Gaudreau, membre du Collectif de recherche et d’action sur l’habitat, la solution pour résoudre la crise du logement n’est pas là. "L’argent qui a été investi dans l’immobilier, dans les grands centres essentiellement, provient d’investisseurs locaux, du secteur bancaire", assure-t-il.

"Dans certaines villes comme Toronto ou Vancouver, il y a effectivement des acheteurs non-résidents. Mais jusqu’ici, ces acheteurs-là représentaient quand même une proportion marginale du marché".

Louis Gaudreau, chercheur

à franceinfo

Selon l’Agence nationale de statistiques, les étrangers constituent en effet moins de 5% des propriétaires de logement au Canada. Certains experts estiment qu'il vaudrait mieux accélérer plutôt la construction de logements neufs.

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