Violences dans des prisons au Brésil : 55 détenus tués en deux jours

Tous les prisonniers tués lundi "montrent des signes de décès par asphyxie", apparemment après strangulation, selon les autorités.

La police contrôle l\'accès à une prison de Manaus, le 26 mai 2019, au Brésil.
La police contrôle l'accès à une prison de Manaus, le 26 mai 2019, au Brésil. (REUTERS)

Au moins 55 détenus ont été tués, dimanche 26 et lundi 27 mai, dans une vague de violences dans des prisons du nord du Brésil. Ce pays est régulièrement pointé du doigt pour son système pénitentiaire surpeuplé et gangrené par les rivalités sanglantes entre bandes.

Lundi, au moins 40 détenus ont été retrouvés morts dans quatre prisons de l'Etat septentrional de l'Amazonas, selon les autorités. Dans un de ces établissements, une rixe entre détenus avait déjà fait 15 morts dimanche. Tous les prisonniers tués lundi "montrent des signes de décès par asphyxie", apparemment après strangulation, selon les autorités.

"Conflits intenses" entre groupes criminels

L'administration pénitentiaire a expliqué que l'intervention rapide de la police militaire dans les prisons avait permis d'éviter "près de 200 possibles victimes". Au moment où des troupes de choc pénétraient dans les cellules, des prisonniers étranglaient d'autres détenus.

Une proche d\'un détenu fond en larmes devant une prison de l\'Etat de l\'Amazonas (Brésil), le 27 mai 2019.
Une proche d'un détenu fond en larmes devant une prison de l'Etat de l'Amazonas (Brésil), le 27 mai 2019. (BRUNO KELLY / REUTERS)

La violence est nourrie par "des conflits intenses" entre factions criminelles qui se battent pour la suprématie à l'intérieur mais aussi à l'extérieur des établissements carcéraux, estime Juliana Melo, experte des prisons au Brésil.

Avec près de 727 000 détenus recensés en 2016, le Brésil compte la troisième population pénitentiaire du monde, souvent secouée par des drames. La capacité des prisons est deux fois moindre, environ 368 000 places. La crise menace de s'aggraver alors que le gouvernement d'extrême droite de Jair Bolsonaro a promis de mener une guerre contre la criminalité, sans pour autant annoncer de programme de construction de prisons.