"C'est un moment propice pour la politique" : un carnaval de Rio engagé contre le président Bolsonaro

Rio de Janeiro vit un carnaval particulièrement contestataire, après l'élection il y a quelques mois du premier président d'extrême droite depuis la dictature militaire, Jair Bolsonaro.

Le carnaval de Rio a commencé le 1er mars 2019.
Le carnaval de Rio a commencé le 1er mars 2019. (MARCELO SAY?O / EFE)

Au Brésil, le carnaval de Rio a commencé vendredi 1er mars, c'est le premier sous l'ère du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, officiellement investi le 1er janvier 2019. Cette année, la politique est plus présente que d’habitude. L'événement met en valeur les femmes, les Noirs et les Indiens.

Comme dans ce bloco (groupe de personnes qui défilent ensemble), où la musique laisse la place à des slogans et des insultes lancés contre le chef de l'État. Dans un autre groupe, on chante le nom de Lula, l'ancien président en prison. La politique est bien partout cette année, car le carnaval est le bon moment pour faire passer des messages, estime Roger : "Le carnaval est le moment où le Brésil se parle, car la population est, de fait, dans la rue, c'est un moment propice pour la politique. Ce n'est pas le premier carnaval où il y a des messages politiques, mais forcément, cette année, c'est plus important étant donné le nombre d'attaques."

Pendant le carnaval, les gens écoutent plus attentivement les messages.Rogerà franceinfo

Certains ont des déguisements pour défendre l’environnement, les Indiens et les minorités sexuelles. Il faut parfois décoder les allusions : comme ce bloco où défilent des religieuses, en rose et bleu. "C'est pour critiquer la nouvelle ministre de la Femme, qui a demandé que les garçons soient toujours en bleu et les filles toujours en rose", explique cette participante.

Un discours politique qui se retrouve aussi dans les traditionnelles écoles de samba, explique Raud, un Brésilien marié à une Française : "Je pense que le carnaval est une grosse fête, tout le monde s'exprime. Les manifestations politiques sont bienvenues bien sûr, dans le défilé des écoles de samba. Les gens réfléchissent, choisissent un thème."

De plus en plus, on commence à avoir les questions de racisme, du rôle des femmes dans la société, dans ce sens-là je trouve que c'est super.Raudà franceinfo

Marielle Franco, activiste noire et assassinée il y a un an, est mise à l’honneur par l’école de Mangueira, alors que sa mémoire a été attaquée par les soutiens du président.

Le carnaval de Rio s'engage contre Bolsonaro - Reportage d'Anne Vignat
--'--
--'--