"Les garçons en bleu, les filles en rose" : au Brésil, la déclaration d'une ministre crée la polémique

Face aux critiques, Damares Alves a affirmé qu'il s'agissait d'une "métaphore contre la 'théorie du genre'", à laquelle le président Bolsonaro a déjà fait référence.

Damares Alves, ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l\'Homme au Brésil, le 6 décembre 2018.
Damares Alves, ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l'Homme au Brésil, le 6 décembre 2018. (VALTER CAMPANATO/AP/SIPA / AP)

"Les garçons s'habillent en bleu et les filles en rose". La déclaration de Damares Alves, nouvelle ministre de la Femme, de la Famille et des Droits de l'Homme au Brésil, a déclenché une pluie de messages sarcastiques sur les réseaux sociaux, vendredi 4 janvier.

Ces propos ont d'autant plus de résonance que Damares Alves est ministre dans le gouvernement d'un président coutumier des dérapages machistes ou homophobes et l'une des deux seules femmes du gouvernement. Une vidéo devenue virale la montre prononçant ces mots en marge de son intronisation, mercredi, à Brasilia. 

Une ministre opposée à l'avortement

Sur les réseaux sociaux, des internautes ont publié des photos où l'ont peut voir la ministre vêtue de vêtements bleus. D'autres ont réagi avec humour, l'un d'entre eux s'interrogeant : "Et la Schtroumpfette, Damares ? On m'aurait menti toute ma vie ?", à propos de ce personnage bleu de bande dessinée.

Un groupe sur Facebook a lancé un appel à la manifestation "de femmes en bleu, d'hommes en rose ou de la couleurs qu'on veut" dimanche, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

La ministre a réagi par la suite aux critiques, affirmant qu'il s'agissait d'une "métaphore contre 'la théorie du genre'", à laquelle le président Bolsonaro est très hostile, mais que "garçons et filles peuvent s'habiller en bleu, en rose, de toutes les couleurs, comme ils se sentent le mieux". Avocate de formation, résolument contre l'avortement, elle avait affirmé lors de son discours d'intronisation que l'"Etat est laïc" mais qu'elle-même était "terriblement chrétienne". Elle a en revanche affirmé que son ministère aurait bien pour mission de veiller à ce que les droits de la communauté LGBT soient respectés.