Brésil : le président Michel Temer accusé de corruption après la révélation d'un enregistrement compromettant

Des manifestants ont imméditament demandé sa destitution, mais le chef de l'Etat a fait savoir qu'il refusait de démissionner.

Michel Temer, le 12 mai 2017, à Brasilia. 
Michel Temer, le 12 mai 2017, à Brasilia.  (MATEUS BONOMI / AFP)

Le président brésilien, Michel Temer, s'accroche à son mandat malgré de nouvelles accusations de corruption. Plusieurs perquisitions ont été menées, jeudi 18 mai, à Brasilia, Rio de Janeiro et Belo Horizonte, après les révélations publiées mercredi par le quotidien O Globo.

Selon le journal, le président a été enregistré par un chef d'entreprise en train de donner son accord pour le versement de pots-de-vin dans le but d'acheter le silence d'Eduardo Cunha, l'ancien patron de la chambre des députés, aujourd'hui en prison pour son implication dans le méga-scandale de corruption Petrobras.

Piégé par des industriels

L’enregistrement a été réalisé par Joesley Batista et son frère Wesley, propriétaires de l’entreprise agroalimentaire JBS. Après avoir monnayé une réduction de peine contre une collaboration avec la justice, les deux frères se sont munis de leur enregistreur pour confondre leurs ex-complices, explique Le Monde.

De nombreux partis d'opposition ont aussitôt demandé la démission du président conservateur et des dizaines de manifestants ont défilé dans la rue aux cris de "Temer dehors". Mais le président brésilien a fait savoir qu'il ne comptait pas démissionner.

La grave crise politique que traverse le Brésil est envenimée par une récession historique, que le gouvernement actuel tente de résorber par le biais de mesures d'austérité impopulaires. Touchée de plein fouet par la crise et un taux de chômage supérieur à 14%, la population est exaspérée par les scandales à répétition qui éclaboussent l'ensemble de la classe politique.