Mort de l'assassin présumé de trois militantes kurdes à Paris avant son procès : les familles des victimes "en colère"

Antoine Comte, un des avocats des familles des trois militantes kurdes assassinées en janvier 2013, est revenu, samedi sur franceinfo, sur les raisons de la colère des parties civiles suite au décès du seul suspect dans cette affaire, Omar Güney.

Portrait des trois activistes Kurdes assassinées en janvier 2013 à Paris, lors d\'une manifestation le 12 janvier 2013 à Paris.
Portrait des trois activistes Kurdes assassinées en janvier 2013 à Paris, lors d'une manifestation le 12 janvier 2013 à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

L'assassin présumé de trois militantes kurdes en janvier 2013 à Paris, le Turc Omer Güney, est mort samedi 17 décembre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a confirmé le parquet de Paris à franceinfo. "C'est un procès que personne ne voulait voir aboutir", a réagi Antoine Comte, un des cinq avocats de familles des victimes, samedi sur franceinfo.

Considéré comme le seul suspect dans l'affaire, Omar Güney devait être jugé devant la Cour d'assises de Paris du 23 janvier au 24 février 2017 pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Cet ancien agent d'entretien à l'aéroport de Roissy est soupçonné d'avoir abattu trois activistes kurdes dont Sakine Cansiz, l'une des fondatrices du PKK, dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan dans le Xe arrondissement de Paris.

Manuel Valls nommément mis en cause

Antoine Comte, accuse nommément Manuel Valls, qui selon lui ne voulait pas de ce procès : "L'absence d'efficacité des services secrets pour identifier les commanditaires, l'absence de volonté politique de mener ce procès au bout, ça me semble une évidence, s'est désolé l'avocat. Dans le gouvernement français, notamment de la part de l'ancien ministre de l'Intérieur Manuel Valls, [on ne souhaitait pas voir aboutir ce procès]. Et je crois que c'est une question qui devra être abordée à un moment quelconque, dans d'autres instances."

Plus tôt dans la journée, les avocats des parties civiles du procès avaient fait part, dans un communiqué, de la "colère des familles des victimes, privées d’un procès public qu’elles attendaient depuis près de quatre années, familles, qui elles, espéraient en la justice française."

Cette mort, bien opportune, soulage un certain nombre de personnescommuniqué des avocats
des familles de victimes

Dans ce communiqué, les cinq avocats signataires, accusent également le "pouvoir politique français" et " le pouvoir turc et ses dirigeants, [d'être] débarrassé d’une audience publique qui aurait dévoilé publiquement les liens entre l’assassin, les services secrets turcs et le pouvoir turc".

Le communiqué se conclut sur la "consternation de voir qu’une fois de plus, la France n’est toujours pas capable de juger un crime politique commis sur le territoire français par des services secrets étrangers". Les services secrets turcs avaient officiellement démenti en 2014 tout lien avec ces assassinats.

"C'est un procès que personne ne voulait voir aboutir", Antoine Comte, avocat
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