Xi Jinping succède officiellement à Hu Jintao à la tête de la Chine

Agé de 59 ans, cet homme d'appareil devra notamment réformer et assainir la corruption galopante qui menace le pays.

Xi Jinping après sa désignation à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, le 15 novembre 2012 à Pékin.
Xi Jinping après sa désignation à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, le 15 novembre 2012 à Pékin. (MARK RALSTON / AFP)

CONGRES DU PC EN CHINE – Xi Jinping a officiellement succédé, jeudi 15 novembre, à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine. Agé de 59 ans, cet homme d'appareil devra réformer et assainir la corruption galopante qui menace le pays. Xi Jinping, actuel vice-président, est désormais à la tête du nouveau groupe dirigeant de sept personnes, la "direction collective", qui doit présider aux destinées de la Chine pour les dix prochaine années. Francetv info vous présente le "prince rouge" du régime.

Son parcours

Un homme d'appareil. Xi Jinping est le premier dirigeant né après l'avènement du régime communiste il y a soixante-trois ans. Sa personnalité reste largement une énigme, tant elle se confond avec la carrière d'un homme d'appareil attendant, dans l'ombre de son prédécesseur, que la place se libère. Voici son portrait, réalisé par France 3 :


Un aristocrate. Fils d'un "héros révolutionnaire", Xi Jinping, d'aspect massif, le visage poupin et les cheveux de jais partagés par une raie impeccable, est l'un des "princes rouges" du régime, véritable aristocratie aux commandes d'une Chine en pleine mutation. Son épouse, Peng Liyuan, une célèbre chanteuse élevée au grade de général dans l'armée, est d'ailleurs plus populaire que lui en Chine.

Un homme riche. Xi Jinping a suivi une carrière classique de cadre communiste, dirigeant provincial d'abord, puis de Shanghai, avant d'intégrer le "saint des saints" du PCC en 2007 et de prendre la vice-présidence de la République en 2008. La censure a immédiatement étouffé les révélations en juin par l'agence Bloomberg de la fortune de ses proches, évaluée à plus de deux milliards de dollars.

Son projet

La lutte contre la corruption. Rompant avec la tradition, Xi Jinping, l'air grave mais souriant, s'est lancé dans un bref discours dans lequel il a prévenu que lui-même et la nouvelle équipe faisaient face à d'"énormes responsabilités", reconnaissant que le PC chinois était confronté à de "graves défis", dont la corruption. Les travaux du 18e Congrès du PCC ont en effet été exceptionnellement alourdis par des affaires de corruption et d'abus de pouvoir dans la haute "nomenklatura" communiste. En partant, Hu Jintao l'a prié de "faire le ménage" dans la maison Chine.

Poursuivre l'ascension économique de la Chine. Désormais patron de "l'atelier du monde", Xi Jinping devra s'employer à réinventer le modèle chinois. Puissance montante dans le Pacifique, la Chine devrait continuer à tenir tête aux Etats-Unis et à presser l'Europe, son premier marché à l'exportation, de sortir de la crise de la dette. Mais, guetté par un demi-milliard d'internautes, Xi Jinping est attendu par une classe moyenne qui comptera bientôt 700 millions d'individus, des consommateurs pour la plupart largement étrangers à l'idéal communiste, et un pays où l'indignation monte devant la richesse souvent extravagante de la nouvelle "aristocratie rouge".

Pas de virage sur le plan diplomatique. A l'étranger, aucun virage spectaculaire n'est attendu sous sa houlette en matière diplomatique. Xi Jinping revendique la "fierté historique et nationale" de la Chine. En matière de droits de l'homme, Xi Jinping devra décider s'il fait libérer de prison le prix Nobel de la paix 2010, l'intellectuel dissident Liu Xiaobo.

Son équipe

Le Premier ministre, Li Keqiang. Il aura la lourde charge de piloter au jour le jour la deuxième économie mondiale, tâche dévolue depuis une décennie à Wen Jiabao, dit "grand-père Wen". Cet apparatchik au sourire relativement facile est réputé bien connaître les ressorts de l'économie.

Zhang Dejiang. Il est désormais numéro trois du régime. Formé à l'économie à l'Université Kim Il-sung de Pyongyang (Corée du Nord), il est connu pour son style conservateur. Il a récemment nommé été secrétaire général du PCC de Chongqing, à la place du dirigeant déchu Bo Xilai.

Yu Zhengsheng. Secrétaire du PCC de Shanghai depuis 2007, il était le plus haut responsable politique de la capitale économique du pays. Ce fils d'un vétéran du régime est considéré comme proche de l'ancien président Jiang Zemin.

Liu Yunshan. C'est le ministre en charge de la Propagande, qui dépend directement du Parti et non du gouvernement, depuis 2002. Ce conservateur a démarré sa carrière comme reporter pour l'agence Chine nouvelle en Mongolie intérieure à la fin de l'époque maoïste. 

Wang Qishan. Actuel vice-Premier ministre en charge des Finances et ancien maire de Pékin, il parle couramment anglais. Marié à la fille d'un haut dirigeant de l'ère Deng Xiaoping, il est souvent associé à la "faction des princes" de laquelle fait aussi partie Xi Jinping.

Zhang Gaoli. Depuis 2007, il est le patron de la grande ville portuaire de Tianjin. Cet économiste a effectué une grande partie de sa carrière dans la province méridionale du Guangdong, longtemps pionnière en matière de réformes économiques.