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Une guêpe parasite, bras armé des plantes et des hommes

Des insectes qualifiés de «parasites» se révèlent être en réalité la solution salvatrice contre l'invasion de ravageurs. Ainsi, une guêpe de quelques millimètres est utilisée pour sauver les récoltes de manioc de l'Indonésie attaquées par une cochenille vorace. Une technique déjà éprouvée dans différents pays avec succès.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Suriname : jeune guêpe parasite émergeant de la chrysalide d'un papillon. (Biosphoto / Minden Pictures / Piotr Naskrecki)
Elle n'est pas plus grosse qu'une puce, mais peut se révéler redoutablement efficace pour débarrasser les agriculteurs d'une cochenille qui peut les mener à la ruine.

C'est une toute petite guêpe, armée d'un ovipositeur, sorte de longue trompe qui lui permet «d'inoculer» ses œufs dans le corps d'insectes. Les larves se développent à l'intérieur de l'hôte involontaire et s'en nourrissent, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. A ce titre, elle est qualifiée de parasite, puisqu'elle vit et se développe au sein d'un organisme hôte pour survivre. Il n'existe pas moins de 50 à 60.000 espèces actuellement répertoriées de guêpes parasites.

Les plantes l'ont «compris» depuis longtemps. Elles mettent ainsi à profit ces «compétences» pour se débarrasser d'insectes qui les attaquent. Les chercheurs ont mis en évidence l'existence d'une substance odoriférante, l'acide jasmonique (présent dans l'odeur d'herbe coupée, par exemple), qui va «appeler» les guêpes parasites à leur rescousse contre les insectes qui les agressent. «Cette substance a une double fonction. Elle déclenche dans la plante la production de composés insecticides. Mais elle a aussi une fonction indirecte de défense en envoyant un signal de type SOS attirant les guêpes», résume Michael Kolomiets pour Sciences  et Avenir.

Le Département américain de l'Agriculture estime que les guêpes parasites font économiser plusieurs dizaines de milliards d'euros aux Etats-Unis, en luttant naturellement contre des espèces envahissantes.

L'Afrique avait déjà utilisé, avec succès, cette petite guêpe sud-américaine pour sauver ses champs de Manioc des ravages d'une cochenille arrivée dans les années 70. La cochenille, elle-même insecte parasite de plantes, en suce la sève, les fait dessécher et dépérir. Ce parasite est capable de réduire de 84% la récolte d'un champ de manioc.

Depuis 2008, l'Asie du sud-est y est confrontée à son tour. Et actuellement c'est en Indonésie, l'un des plus grands producteurs mondiaux de Manioc, qu'elle vient d'être repérée. Des scientifiques qui participent à une première initiative en Indonésie du Centre international d'agriculture tropicale, basé en Colombie, conjointement avec l'Université agricole de Bogor en Indonésie, appellent ces guêpes une «équipe de choc écologique» et insistent sur le fait qu'elles ne sont dangereuses ni pour les humains, ni pour les animaux. «Si nous n'agissons pas maintenant, cela pourrait être un revers important pour l'industrie du manioc du pays et des millions d'agriculteurs dont les revenus dépendent de ces récoltes», a déclaré Aunu Rauf, entomologiste à l'Université agricole de Bogor.

L'utilisation de cette petite guêpe parasite offre de multiples avantages comme de n'être toxique ni pour les animaux, ni pour l'homme, mais aussi parce que les ravageurs ne peuvent développer de résistance à son encontre, et qu'une fois une certaine quantité obtenue, elle se répand toute seule «sur l'objectif». Bref c'est une alternative écologique et économique aux produits chimiques.   




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