Thaïlande : le Premier ministre recule face au mouvement prodémocratie et lève l'état d'urgence

Outre l'interdiction des rassemblements de plus de quatre personnes, le décret d'urgence, imposé le 15 octobre, donnait carte blanche à la police pour procéder à des arrestations, et saisir toute publication électronique jugée "contraire à la sécurité nationale".

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Un manifestant prodémocratie devant des policiers lors d'un rassemblement contre le gouvernement, le 21 octobre 2020, à Bangkok (Thaïlande). (LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP)

Une victoire pour des milliers de manifestants. En Thaïlande, le Premier ministre a reculé face au mouvement prodémocratie, jeudi 22 octobre, en levant l'état d'urgence "renforcé" dans le pays.

Le chef du gouvernement, Prayut Chan-O-Cha, a décidé de lever le décret d'urgence dès jeudi midi, selon la Gazette royale, l'organe officiel du palais. La situation "s'est détendue (...) désormais les représentants du gouvernement et les agences de l'Etat peuvent appliquer les lois ordinaires", est-il indiqué. "Toutes les mesures exceptionnelles (...) sont levées."

Outre l'interdiction des rassemblements de plus de quatre personnes, le décret d'urgence donnait carte blanche à la police pour procéder à des arrestations, et saisir toute publication électronique jugée "contraire à la sécurité nationale". Il avait été imposé le 15 octobre, au lendemain d'incidents à l'encontre du cortège de la reine Suthida. Des activistes prodémocratie avaient levé trois doigts devant sa voiture, un signe de défi inspiré du film Hunger Games et devenu un symbole de résistance dans le royaume.

Appel à la démission du Premier ministre

Depuis, des milliers de manifestants, des jeunes pour la plupart, ont bravé l'interdiction de rassemblement, organisant des manifestations quotidiennes et simultanées dans divers lieux de la capitale.

Les acteurs de cette contestation prodémocratie, qui défilent depuis l'été, exigent la démission du Premier ministre. Ils ont lancé mercredi soir un ultimatum de trois jours à ce général porté au pouvoir par un coup d'Etat en 2014 et légitimé par des élections controversées l'an dernier. Sans ce départ, ils ont affirmé qu'ils retourneraient dans la rue. Le mouvement demande aussi une révision de la Constitution, jugée trop favorable à l'armée, et réclame une réforme de la puissante et richissime monarchie, un sujet tabou dans le pays il y a peu.

Prayut Chan-O-Cha avait annoncé mercredi soir dans un discours à la nation qu'il se préparait à lever le décret d'urgence. Je fais "le premier pas pour désamorcer la situation", avait-il déclaré. Le chef du gouvernement a appelé les protestataires à résoudre leurs différends par la voie du Parlement, qui se réunit en session extraordinaire à partir de lundi pour tenter de résoudre la crise.

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