Indonésie : Serge Atlaoui ne figure pas sur la prochaine liste des condamnés à exécuter

Contacté par francetv info, l'avocat de Serge Atlaoui estime qu'il "faut rester extrêmement prudent". 

Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, le 1er avril 2015 à Jakarta.
Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, le 1er avril 2015 à Jakarta. (ROMEO GACAD / AFP)

Serge Atlaoui est "inquiet mais combatif", selon le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal. Le Français, qui faisait partie depuis des semaines des neuf étrangers condamnés à mort pour trafic de drogue en Indonésie dans l'attente d'une exécution imminente, ne figure pas sur la liste qui va être annoncée sous peu, a fait savoir samedi 25 avril le parquet général de Jakarta.

Contrairement aux autres représentations diplomatiques en Indonésie - d'Australie, du Brésil, des Philippines et du Nigeria - , l'ambassade de France à Jakarta avait confirmé, peu de temps avant la déclaration du parquet général, n'avoir reçu aucune convocation pour se rendre à la prison de Nusakambangan, où sont incarcérés les neuf détenus étrangers, afin d'assister à des réunions pour évoquer la préparation des prochaines exécutions.

"Il faut rester extrêmement prudent"

Contacté par francetv info, l'avocat français de Serge Atlaoui explique : "Il semble qu'il ait été retiré de la liste des personnes qui vont être exécutées. Toutefois, il faut rester extrêmement prudent".  "J'ose espérer que c'est le résultat de notre travail. Les nouvelles ne sont pas plus inquiétantes mais elles ne sont pas pour autant plus rassurantes", tempère maître Richard Sédillot. "La mobilisation reste de mise"

Interrogé par l'AFP sur l'absence de convocation pour la France, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères indonésien évoquait une procédure en cours devant le tribunal administratif de Jakarta. "La procédure n'est pas encore terminée, voilà la raison", a-t-il dit. L'avocate indonésienne d'Atlaoui, âgé de 51 ans, avait saisi le tribunal administratif de Jakarta pour contester l'absence de motivation dans la décision du président indonésien Joko Widodo, qui a rejeté la demande de grâce d'Atlaoui. Aucune date d'audience n'a été fixée à ce jour. 

Pour le moment, "nous n'avons aucune information sur le cas d'Atlaoui", a déclaré à l'AFP l'ambassade de France.

La France continue de se battre sur le terrain diplomatique

"Notre ambassade a eu Serge au téléphone à huit heures du matin heure indonésienne (trois heures, heure française)", a indiqué Romain Nadal. "Nous allons intensifier notre mobilisation dans un cadre bilatéral, européen et multilatéral. Nous ne renonçons pas à obtenir la non exécution de Serge Atlaoui", a poursuivi le porte-parole du Quai d'Orsay.

"[Le ministre des Affaires étrangères] Laurent Fabius a longuement parlé au téléphone avec Sabine Atlaoui", l'épouse du condamné, a-t-il ajouté. 

Les détenus en attente d'une exécution imminente isolés

Les convocations de courtoisie diplomatiques adressées par les autorités indonésiennes aux ambassades étrangères ne sont pas obligatoires, mais d'autres éléments pourraient indiquer que le Français ne figure pas sur la prochaine liste des condamnés à exécuter, après celle de janvier (six condamnés dont cinq étrangers fusillés), alors que d'autres sont envisagées par la suite.

Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi, les détenus en attente d'une exécution imminente ont été transférés dans des cellules d'isolement, comme le prévoit la législation, à l'exception d'Atlaoui.