Equipes de soins, appels aux dons… Comment les secours s'organisent pour venir en aide à l'Indonésie après le séisme

Sinistrée depuis le tremblement de terre et le tsunami du vendredi 28 septembre, l'île de Célèbes voit arriver l'aide internationale, après un appel du président indonésien.

Les décombres de la mosquée de la ville de Palu (Indonésie), dévastée par un séisme le 28 septembre 2018.
Les décombres de la mosquée de la ville de Palu (Indonésie), dévastée par un séisme le 28 septembre 2018. (JEWEL SAMAD / AFP)

Après la catastrophe, le difficile travail de reconstruction commence en Indonésie. Les premiers secours s'organisent pour aider l'île de Célèbes, qui manque de tout depuis le tremblement de terre et le tsunami du vendredi 28 septembre. Le dernier bilan, annoncé mardi 2 octobre par l'agence indonésienne de gestion des catastrophes, fait état d'au moins 1 234 morts et 61 867 déplacés. Devant l'ampleur de la tâche, le gouvernement indonésien a autorisé l'intervention de l'aide internationale. Franceinfo fait le point sur la situation.

Des infrastructures à réparer

"Les accès sont encore extrêmement compliqués pour le centre-ville de Palu. L'accès est pratiquement impossible pour de nombreux autres districts, quartiers et villages tout autour de la ville." L'envoyé spécial de France 2, Nicolas Bertrand, dressait un tableau apocalyptique de la situation sur la côte ouest de l'île, dimanche soir. La ville de Palu, qui compte près de 330 000 habitants, est pourtant parmi les premières bénéficiaires des secours.

Une situation confirmée par l'ONG Save The Children à France 24 : "Les ONG et les autorités locales ont beaucoup de mal à atteindre des villages autour de Donggala [à une quarantaine de kilomètres au nord de Palu], où il pourrait y avoir des dommages importants et beaucoup de victimes." Farid, un habitant de 48 ans, se lamente : "Toute l'aide arrive à Palu (...) et à Donggala nous n'avons rien."

L'état des routes rend difficile l'acheminement des secours sur les zones sinistrées. Dimanche, toutefois, des avions C130 de l'armée indonésienne ont pu se poser à Palu. Ils ont pu ainsi faire parvenir de l'eau potable, de la nourriture et des secouristes. Le district montagneux de Siri Biromaru, au sud-est de Palu, est difficile d'accès et les secouristes sont confrontés à une marche exténuante pour récupérer les victimes. "Le problème le plus important, c'est de marcher dans la boue pendant une heure et demie tout en portant les corps", explique Aulia Arriani, une porte-parole de la Croix-Rouge.

"Les communications sont toujours coupées, il n'y a toujours pas d'électricité", rapporte France 24. Or leur rétablissement est crucial. "Cela est indispensable pour permettre une bonne coordination des secours sur place. Mais c’est aussi important de permettre à des personnes touchées directement par le séisme de pouvoir contacter leurs proches", explique Monique Lanne-Petit, directrice de Télécoms sans frontières (TSF). L'ONG française a envoyé sur place cinq personnes pour "installer des antennes et des téléphones satellitaires", précise la responsable à La Croix.

Les premières équipes de secours étrangères mobilisées

L'armée indonésienne dirige les secours mais à la suite d'un appel du président, des ONG internationales ont également dépêché des équipes sur le terrain. Lundi 1er octobre, plusieurs équipes de secours françaises se sont envolées pour Célèbes. Leur mission : "Apporter du matériel médical mais aussi du matériel pour repérer les personnes ensevelies", explique Thierry Velu, président de l'ONG Groupe de secours catastrophe français (GSCF), à La Croix.

Lui et les trois autres sapeurs pompiers dépêchés sur place emportent "des tensiomètres, des thermomètres, des saturomètres, sûrement une unité de traitement de l'eau, qui vont être gardés par les secours sur place", précise-t-il à franceinfo. Cinq autres pompiers spécialistes des opérations de sauvetage de l'association Pompiers de l'urgence internationale (PUI) sont également partis de Limoges avec le même genre de matériel. Ils vont permettre une accélération du travail des secouristes, alors que certains, sur place, déblaient et creusent avec leurs mains. Il y a urgence, puisque selon l’Agence nationale de gestion des catastrophes, des dizaines, voire des centaines de victimes sont encore prises au piège sous les décombres, rapporte Le Monde.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a expliqué qu'il s'efforçait de réunir les familles séparées et fournissait une "aide médico-légale" pour aider à l'identification des victimes.

Des appels aux dons

Malgré la mobilisation des secours, la situation reste dramatique. Lundi, l'ONU a estimé que 191 000 personnes avaient besoin d'aide humanitaire. Un appel à la générosité a été lancé par plusieurs associations, comme Care et le Secours populaire. "L'Unicef est prêt à intervenir pour aider les enfants et leurs familles !" a annoncé l'agence des Nations unies, qui a envoyé des équipes sur place dimanche et ouvert une page pour recueillir les dons.