Peine de mort pour homosexualité à Brunei : Elton John soutient l'appel de George Clooney au boycott d'hôtels de luxe

Le riche petit Etat pétrolier d'Asie du Sud-Est s'apprête à instaurer la peine de mort en cas d'homosexualité ou d'adultère.

Elton John, le 24 février 2019 à Los Angeles (Etats-Unis).
Elton John, le 24 février 2019 à Los Angeles (Etats-Unis). (RICH POLK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Elton John soutient l'appel de l'acteur américain George Clooney au boycott d'hôtels de luxe liés au sultanat de Brunei, ce riche petit Etat pétrolier d'Asie du Sud-Est qui s'apprête à instaurer la peine de mort en cas d'homosexualité ou d'adultère.

Le chanteur de Your Song ou Candle in the Wind a félicité l'acteur "d'avoir pris position contre la discrimination anti-gay et le sectarisme qui sévit dans le pays de #Brunei – un endroit où les homosexuels sont brutalisés, voire pire – en boycottant les hôtels du Sultan", dans un tweet publié samedi 30 mars.

"Nous devons envoyer un message", ajoute Elton John, qui a épousé son compagnon David Furnish en 2014. Il affirme que son mari et lui avaient "depuis longtemps refusé de séjourner dans ces hôtels et continuerons à le faire". Appelant à le "rejoindre" dans sa démarche, Elton John cite une liste d'"hôtels à boycotter", parmi lesquels Le Meurice et le Plaza Athénée à Paris.

George Clooney avait auparavant appelé au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei dans une tribune reproduite par le site internet Deadline, spécialisé dans le divertissement. Le 3 avril, "la nation de Brunei va commencer à lapider et à fouetter à mort n'importe lequel de ses citoyens convaincu d'être homosexuel. Comprenez-le bien", a écrit George Clooney.

La nouvelle législation de Brunei, situé sur l'île de Bornéo, prévoit aussi l'amputation d'une main ou d'un pied pour vol. Cette petite monarchie de 430 000 habitants est dirigée d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967. Elle a annoncé en 2013 l'introduction progressive de la charia, mais la mise en application de ces mesures avait été retardée pour des questions pratiques et face à l'opposition d'une partie de l'opinion.

Le bureau du Premier ministre de Brunei a diffusé samedi un communiqué rappelant que le pays avait un "double système judiciaire", l'un islamique, qui ne s'applique qu'aux musulmans (représentant plus des deux tiers de la population), l'autre civil, qui concerne l'ensemble des habitants du pays.