La Nouvelle-Zélande reconnaît l'un de ses fleuves comme une entité vivante

Une tribu maori locale lutte pour la reconnaissance de ses droits sur le fleuve depuis les années 1870.

Le fleuve Whanganui traverse la ville de Whanganui (Nouvelle-Zélande), le 6 mars 2011.
Le fleuve Whanganui traverse la ville de Whanganui (Nouvelle-Zélande), le 6 mars 2011. (MICHAEL RUNKEL / ROBERT HARDING PREMIUM / AFP)

Cette décision pourrait être une première mondiale. Un fleuve révéré comme étant sacré par les Maori a été reconnu par le Parlement de Nouvelle-Zélande comme une entité vivante, mercredi 15 mars. Ce statut aura pour traduction concrète que les intérêts du cours d'eau seront défendus dans les procédures judiciaires par deux avocats.

Le fleuve Whanganui, le troisième plus long cours d'eau de Nouvelle-Zélande, "aura sa propre identité juridique, avec tous les droits et les devoirs attenants", a déclaré le ministre de la Justice, Chris Finlayson. Le cours d'eau est un être vivant unique, "partant des montagnes jusqu'à la mer, y compris ses affluents et l'ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques", selon la nouvelle législation.

Des millions de dollars pour améliorer le fleuve

Le nom maori du cours d'eau est Te Awa Tupua. Une tribu maori locale lutte pour la reconnaissance de ses droits sur le fleuve depuis les années 1870. "La nouvelle législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l'iwi (tribu) Whanganui et son fleuve ancestral", selon le gouvernement.

L'iwi a également reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52 millions d'euros) au titre des frais de justice après un long marathon judiciaire, ainsi qu'une somme de 30 millions de dollars pour améliorer l'état du cours d'eau.