Open d'Australie : "Ça ne paraît pas raisonnable de jouer, on est sur des niveaux de micro-particules dix fois supérieurs à ceux de Paris", affirme un pneumologue

L'Open d'Australie doit débuter le 20 janvier mais les incendies qui ravagent le pays occasionnent une forte pollution qui peut affecter la santé des joueurs.

Des brumes de fumée le 14 janvier 2020 au-dessus du Rod Laver Arena à Melbourse où va se jouer l\'Open d\'Australie.
Des brumes de fumée le 14 janvier 2020 au-dessus du Rod Laver Arena à Melbourse où va se jouer l'Open d'Australie. (WILLIAM WEST / AFP)

L'Open d'Australie, premier des quatre tournois du Grand Chelem doit débuter le 20 janvier, mais les incendies en Australie menacent la bonne tenue du tournoi. "Ça ne paraît pas raisonnable de jouer, il faut que le bon sens reprenne le dessus. On est sur des niveaux de micro-particules dans l'air à cause de ces fumées qui sont pratiquement dix fois supérieurs à ce qu'on peut mesurer à Paris", estime mardi 14 janvier sur franceinfo Jean-Baptiste Stern, médecin pneumologue, spécialiste du sport.

On est sur des particules qui mesurent 2,5 microns donc qui pénètrent facilement dans les voies respiratoires.Jean-Baptiste Stern, médecin pneumologue, spécialiste du sportà franceinfo

Certains joueurs sont particulièrement affectés, à l'image de la Slovène Dalila Jakupovic, qui a abandonné mardi lors des qualifications. "Ce qu'on a vu avec cette joueuse de tennis, ce n'est vraiment pas étonnant. Des incidents comme celui-ci vont se reproduire, c'est certain", affirme Jean-Baptiste Stern.

Une mise en danger des sportifs

"Il y a une mise en danger effectivement des sportifs", dénonce même Jean-Baptiste Stern. "Ils vont se donner à fond parce que c'est leur vie, leur raison de vivre. Ils vont respirer au maximum et le risque est augmenté par ça. On ne peut pas éliminer que sur quelqu'un qui est un peu prédisposé à faire de l'asthme, inhaler des micro-particules de façon importante comme cela, ça puisse entraîner une vraie détresse respiratoire".

Difficile également de jouer au coup par coup, en fonction des niveaux de pollution. "Ces particules qui sont très légères peuvent se déplacer rapidement sur des centaines de kilomètres. Donc ce qu'on va mesurer à un moment donné ne sera plus vrai 15 minutes après", explique le pneumologue.

"Quand il y a des pics de pollution à Paris, qui sont bien inférieurs à ce qu'on peut mesurer aujourd'hui à Melbourne, on dit aux gens d'éviter de faire du sport intense parce que cela augmente l'amplitude de la respiration et les micro-particules vont pénétrer de façon bien plus importante", rappelle le médecin.