Sous-marins : la rupture du "contrat du siècle" n'est "pas arrivée en une nuit", selon la sénatrice Nathalie Goulet qui réclame une commission d’enquête

La sénatrice Nathalie Goulet, qui souhaite le lancement d'une commission d'enquête parlementaire, appelle lundi à réparer "cette humiliation" diplomatique.

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Radio France
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Nathalie Goulet, sénatrice (Union centriste) de l'Orne (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

"Une rupture pareille d'un contrat aussi important n'est pas arrivée en une nuit", a affirmé lundi 20 septembre sur franceinfo Nathalie Goulet. La sénatrice centriste est à l'origine de la demande d'une commission d'enquête parlementaire, près d'une semaine après l'annonce par l'Australie de sa décision d'annuler un contrat d'achat de sous-marins français en faveur de navires américains à propulsion nucléaire.

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Nathalie Goulet a "du mal à croire qu'il n'y a pas eu d'échanges" avec les différents partenaires. Elle n'imagine pas non plus qu'un "accord entre les États-Unis, l'Australie et la Grande-Bretagne se soit construit en une nuit sans que nos services de renseignements n'aient rien vu".

"Cela ne peut pas se passer sous le nez des gens."

Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne

à franceinfo

La sénatrice estime donc que "la représentation nationale doit être complètement informée des conditions de rupture de ce contrat et de ce qui s'est passée". Cette démarche est importante "sur le plan diplomatique, sur le plan stratégique et sur le plan financier". Nathalie Goulet pointe également "l'humiliation mondiale" subie par la France. Elle souhaite que soit réparée "cette humiliation d'une façon ou d'une autre". Les parlementaires sont "totalement dans leur rôle en demandant cette commission d'enquête". La réplique "nécessite un débat parlementaire", car "c'est l'ensemble de la population qui est discréditée par cette humiliation".

Une "grande claque internationale"

"On a l'habitude des contrats qui dérapent avec des factures qui augmentent comme l'EPR", reconnaît la sénatrice. Mais il y a également "beaucoup de contrats d'armement et de défense". Elle alerte ainsi sur le fait que "tous nos partenaires vont commencer à se demander si on va tenir nos engagements". Les Australiens "ont changé d'avis, ont changé de besoin", constate Nathalie Goulet. Mais selon elle, "ce n'est pas une raison pour rompre un contrat. Dans ces conditions-là, on s'assoit, on négocie. On sait faire aussi des sous-marins à propulsion nucléaire".

Et alors que le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique ont affirmé qu'ils "aiment la France", Nathalie Goulet explique qu'elle "ne connait pas d'amour. Je ne connais que des preuves d'amour. Et pour l'instant, je vois simplement des preuves de ce qu'ils nous ont cocufié".

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