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Boeing disparu : les deux pilotes au cœur de l'enquête

Alors que l'avion reste introuvable, les enquêteurs s'interrogent sur le rôle des pilotes.

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France Télévisions
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Un Malaisien signe une banderole sur laquelle est écrit "Espoir MH370", à Sépang, en Malaisie, dimanche 16 mars 2014.  (EYEPRESSNEWS / AFP)

Extinction volontaire d'un système clé de communication, changement de cap, vol susceptible d'avoir duré encore plusieurs heures... L'enquête autour du vol MH370 disparu il y a plus d'une semaine s'intéresse de plus en plus, lundi 17 mars, aux deux pilotes.

Aux Etats-Unis, le président de la commission de Sécurité Intérieure à la Chambre des représentants, Michael McCaul, a estimé que ces dernières informations "mènent au cockpit, avec le pilote et le co-pilote. (...) En se basant sur les informations reçues de la sécurité intérieure, du contre-terrorisme, du renseignement, il s'est passé quelque chose avec le pilote", a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision Fox News.

Alors que l'avion reste introuvable, francetv info énumère les zones d'ombre autour de la disparition du vol MH370.

Des derniers mots, puis "silence radio" volontaire

"Eh bien, bonne nuit" : le ministre malaisien des Transports a précisé dimanche que les derniers mots reçus par le contrôle aérien ont été prononcés alors que le système ACARS, système clé de communication, a été délibérément coupé. Selon la compagnie, cette phrase, inhabituelle car ne correspondant pas au protocole de communication, a été prononcée par le co-pilote, Fariq Abdul Hamid. Ce dernier devait par ailleurs savoir que l'ACARS venait d'être désactivé.

Quatorze minutes après la fermeture de ce système, le transpondeur, qui transmet les informations sur la position de l'appareil, a à son tour été désactivé. Puis l'avion s'est évanoui des écrans radars civils.

Un changement de cap mystérieux

La nuit de la disparition de l'appareil, des radars militaires malaisiens ont détecté un signal, plus tard identifié comme provenant du vol MH370. Les données recueillies depuis lors permettent d'affirmer que l'avion a changé de cap à mi-chemin entre la Malaisie et le Vietnam, là encore de manière délibérée. Pour aller dans quelle direction ? Pour l'instant, impossible de le savoir. Il a cependant pu continuer de voler pendant près de sept heures.

Des journalistes de la radio américaine WNYC ont publié une carte recensant les 634 pistes sur lesquelles l'avion aurait pu se poser, admettant toute fois que cette hypothèse est peu probable. 

Ces révélations de ce week-end ont plongé dans le désarroi les proches des personnes à bord, qui se raccrochent parfois à l'infime espoir que l'avion ait pu atterrir quelque part. Sur Fox News, Michael McCaul a pour sa part évoqué une nouvelle hypothèse : la possibilité que l'avion ait été détourné et caché pour servir plus tard de "missile de croisière".

La personnalité des pilotes à la loupe 

Les antécédents des 239 personnes à bord sont passés au peigne fin : pilotes, équipage, passagers et même les mécaniciens au sol ayant travaillé sur l'avion avant son décollage de Kuala Lumpur. La police malaisienne a perquisitionné les domiciles des deux pilotes et examinent le simulateur de vol que le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, possédait chez lui. Le gouvernement malaisien a par ailleurs souligné dimanche que les deux pilotes n'ont pas demandé à travailler ensemble sur ce vol.

A partir de messages postés sur Facebook, Le Monde.fr indique que Zaharie Ahmad Shah "était un opposant actif à la coalition qui dirige la Malaisie depuis 57 ans. La veille de la disparition, il aurait eu l'intention d'assister à l'audience condamnant en appel à cinq ans de prison pour sodomie l'opposant Anwar Ibrahim", rapporte le site du quotidien. Cependant, ces proches et collègues mettent en avant son expérience et son professionnalisme. Ils insistent : "Zaharie n'est pas suicidaire, il n'est pas un exalté politique comme le disent certains médias étrangers." 

Quant au copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, il est présenté par certains médias comme "un Don Juan des cockpits", après qu'une passagère a raconté à la télévision australienne avoir été invitée dans le cockpit lors d'un vol en 2011. Or, c'est interdit depuis les attentats du 11 septembre 2001. A l'instar du pilote, sa famille et ses amis décrivent comme un homme sérieux et professionnel.

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