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Anwar Ibrahim, celui qui veut devenir premier ministre en Malaisie

Le populaire chef de l'opposition malaisienne, Anwar Ibrahim, blanchi d'accusations de sodomie, se dit prêt à renverser le gouvernement de Najib Razak, qu’il juge «corrompu». Portrait d’un dirigeant à la carrière tourmentée, qui parle «égalité des sexes» et «liberté de culte» dans un pays à majorité musulmane où ces thèmes sont des sujets sensibles.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Anwar Ibrahim, au milieu de ses partisans le 9 janvier 2012, vient d'apprendre qu'il est acquitté (AFP - Saeed Khan)

Anwar Ibrahim, 64 ans, revient de loin. Accusé en 2008 de sodomie envers un assistant, il risquait 20 ans de prison. L’opposition, dont son parti centriste PKR, venait alors de remporter un tiers des sièges aux législatives, face au tout puissant parti UMNO qui règne sur la Malaisie depuis l’indépendance en 1957.

Ce n’est pas la première fois que le député subit les foudres de la justice. En 1998, le premier ministre d’alors, Mazhathir Mohamad, l’avait fait arrêter, puis, déjà, accuser de sodomie. «Les années de détention avaient marqué physiquement le politicien – battu pendant sa détention -, mais il avait rapidement su redonner vigueur à un mouvement d’opposition affaibli par les divisions entre réformistes et islamistes», constate le journal suisse Le Temps. Condamné à 15 ans de prison, il en sort au bout de six, en 2004.

Vice-premier ministre
Entré en politique depuis ses années sur les bancs de l’école coranique, le charismatique opposant est pour la première fois élu député en 1982. Sa détermination attire l’attention du premier ministre Mahathir Mohamad. En 1991, il est nommé ministre des Finances, et vice-premier ministre en 1993. Il est alors perçu comme le successeur du vieux dirigeant.

Les deux hommes collaborent étroitement avant de s’opposer lors de la crise financière asiatique de 1998. La même année, Anwar Ibrahim fait défiler plusieurs dizaines de milliers de ses partisans à Kuala Lumpur pour réclamer la démission de Mahathir Mohamad. Les ennuis commencent …

Une fois sorti de prison, il s’oppose au nouveau premier ministre, Abdullah Badawi, et multiplie les meetings.

Le 9 juillet 2011, l’opposition défile aux cris de «Reformasi» et «Dieu est grand». Ce rassemblement interdit, le plus important depuis 2007, réclame des réformes électorales «justes» et  «transparentes». «Il était frappant de voir que cette manifestation reflétait le caractère multi-ethnique et pluri-religieux du pays : il y avait des Malais, des Indiens, des Chinois de la classe moyenne aisée…», note une observatrice occidentale citée par Le Monde (accès payant). La manifestation est brutalement réprimée par la police.

«A chacun de décider»
Aujourd’hui, libre de ses mouvements, Anwar Ibrahim attend son heure. Ce musulman se définit dans La Croix comme «un démocrate favorable à la liberté de la presse et pour l’harmonie entre les religions» dans un pays où l’islam est majoritaire. Un pays où des femmes se voient refuser le droit de changer de religion pour épouser des chrétiens ou des hindous, où une autre est condamnée à recevoir des coups de bâton pour avoir bu de la bière en public. «C’est à chacun de décider, pas aux tribunaux ni aux tribunaux islamiques», explique le leader de l’opposition.

La liberté dans la religion musulmane est un sujet très sensible en Malaisie. Mais dans le même temps, les milieux d’affaires s’inquiètent des conséquences que peut avoir la répression politique sur l’image de la Malaisie. Laquelle a connu une croissance de 7,2% en 2010.

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