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Acteur porno au Japon, une espèce en voie de disparition

Une star de la profession lance un cri d'alarme.

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France Télévisions
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L'acteur porno Ken Shimizu, le 18 avril 2015 à Tokyo (Japon). (YOSHIKAZU TSUNO / AFP)

Au Japon, l'acteur porno est comme les pandas, une espèce en voie de disparition. C'est le constat de "Shimiken", star de la profession. A 35 ans, Ken Shimizu, de son vrai nom, a tourné dans 7 500 "vidéos pour adultes" et collectionné jusqu'à présent plus de 8 000 partenaires. Mais, malgré ses qualités herculéennes, il n'en peut plus et réclame des renforts.

Son récent appel aux armes sur Twitter, déplorant que les acteurs X nippons soient aujourd'hui moins nombreux que les tigres du Bengale en liberté, a été retweeté des milliers de fois par des aficionados inquiets de voir capoter l'industrie pornographique au Japon – qui pèse tout de même 20 milliards de dollars. "On est une espèce en danger. Il n'y a que 70 hardeurs pour 10 000 hardeuses", explique Shimiken à l'AFP.

"Il est rasoir de voir les mêmes acteurs"

"Pour les initiés, il est rasoir de voir toujours les mêmes acteurs. C'est le plus gros souci", s'alarme-t-il. Ken Shimizu n'en continue pas moins de travailler d'arrache-pied, au rythme de deux ou trois films chaque jour en moyenne. "En général, je couche avec deux ou trois filles quotidiennement, ce qui revient à faire l'amour environ deux heures par jour", selon ses calculs.

"C'est dur comme boulot, mais il faut bien que quelqu'un s'en charge", estime l'athlète qui distribue des "meishis" (l'omniprésente carte de visite nippone) en forme de phallus. "Ce boulot, c'est quand même mieux que de bosser dans un bureau. Je fais ça depuis dix-sept ans et je ne m'en lasse pas. Je continuerais bien jusqu'à 100 ans", se vante-t-il.

"Des étalons comme lui sont une race en voie d'extinction"

Starlette du marché X, Anri Okita ne tarit pas d'éloges sur Shimiken. "Des étalons comme lui, des merveilles de la nature, sont une race en voie d'extinction, explique-t-elle. C'est une question de physiologie. Il n'y a que Superman qui puisse faire ce qu'ils font, qui puisse posséder cette technique et cette endurance. Le Japon peut être fier d'eux."

Les experts de l'industrie porno mettent la pénurie de pénis sur le compte des tendances sociétales et de l'émergence, au milieu des années 2000 au Japon, des "hommes herbivores" (les "soshoku danshi") qui auraient remplacé le mâle viril aux vertus masculines traditionnelles. Le concept a été lancé en 2006 par une journaliste, Maki Fukasawa, spécialiste de culture populaire, pour définir des jeunes peu ou pas intéressés par le sexe. Ces derniers rejettent les valeurs machistes et sont indifférents à la réussite professionnelle, contrairement à leurs aînés.

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