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Les confessions posthumes d'un Américain ordinaire passionnent les internautes

SALT LAKE CITY - Mort d'un cancer le 10 juillet, un habitant de Salt Lake City a rencontré un vif succès posthume en rédigeant sa propre nécrologie.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Val Patterson, auteur d'une "autonécrologie", et sa femme, Mary Jane. (AP/SIPA )

"Je suis né à Salt Lake City, le 27 mars 1953. Je suis mort d'un cancer de la gorge le 10 juillet 2012". Partant du principe qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, un Américain a décidé d'écrire… sa propre nécrologie (en anglais). Reprise dans le quotidien local Salt Lake Tribune le 15 juillet, le texte a cartonné sur internet : jusqu'à 100 000 visites par minute. Val Patterson y raconte, sans retenue, 59 ans d'une vie bouillonnante. Morceaux choisis de ces confessions intimes.

Un hommage à sa femme "exceptionnelle"

L'homme, qui se décrit comme un "artiste, inventeur, homme d'affaires, humoriste grivois, mari, frère, fils, amoureux des chats, cynique" a eu une vie bien remplie. "J'ai eu une belle vie. Je suis allé partout où je voulais aller. Fait tous les métiers que j'ai voulu faire. Appris tout ce que je voulais apprendre. Mangé tout ce que je voulais manger", résume Patterson.

Mais la plus belle chose de sa vie, c'est, dit-il, sa femme, Mary Jane, "Je l'ai aimée plus que je n'ai de mots pour l'exprimer. Chaque moment passé avec ma Mary Jane fut précieux. Au fil du temps, nous sommes devenus inséparables, heureux, épanouis." Mort d'un cancer de la gorge, il dit regretter les cigarettes fumées quand il était jeune et qu'il se sentait "invincible", car, poursuit-il, "j'ai volé à ma bien-aimée Mary Jane une décennie de vie commune, où on aurait pu rire de ces milliers de choses simples qu'on avait appris à apprécier (…) Ma douleur physique est immense, mais ce n'est rien comparé à ce que j'éprouve quand je vois ma femme, qui sait que je souffre, prendre soin de moi, me réconforter."

Des confessions posthumes croustillantes

Mais les passages les plus captivants sont évidemment les confessions de cet homme de 59 ans, qui dit vouloir "se soulager d'un poids""JE SUIS celui qui a volé le coffre-fort du Motor View Drive Inn en juin 1971", avoue-t-il. 

"Aussi, je n'ai PAS de doctorat [PhD, en anglais]. Ce qui s'est passé, c'est que le jour où je suis allé payer mon prêt étudiant, la fille qui travaillait là a mis mon reçu sur la mauvaise pile, et deux semaines plus tard j'ai reçu un doctorat par la poste", poursuit-il. "Je n'ai même pas de diplôme (…) en fait, je n'ai même jamais appris ce que voulaient dire les lettres PhD", ironise-t-il.

Des milliers de commentaires sur son livre d'or

"Il avait un grand sens de l'humour", a réagi Mary Jane Patterson, jointe par NBC News. Pour Brady Gamble, directeur de la maison funéraire Starks à Salt Lake City, qui organise une cérémonie en hommage à Val, s'est vu inonder de mails et d'appels après publication de la nécrologie, rapporte NBC :"C'est complètement surréaliste mais c'est merveilleux. On n'avait jamais rien connu de tel !"

C'est que cette "autonécrologie" a été accueillie avec tendresse par les internautes, qui ont laissé, pour l'instant, 362 pages de commentaires sur le livre d'or en ligne de Val Patterson"J'ai cliqué par curiosité. Ce que j'ai lu est incroyable. J'ai les larmes aux yeux… On devait s'éclater avec lui", écrit Marci Richardson. "Toutes mes condoléances à vous, Mary Jane. Je parie que vous ne vous êtes jamais ennuyée un seul instant avec votre mari", devine Jim Simons. Et Val Patterson a même donné des idées à certains : "Vous m'avez convaincu d'écrire ma propre nécrologie et de faire moi aussi quelques révélations…", glisse un internaute derrière le pseudonyme Verbist.

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