Etats-Unis : le Congrès évite de justesse un défaut de paiement

Un accord a permis le relèvement du plafond de la dette, qui permet la réouverture des services fédéraux affectés par le "shutdown" depuis le 1er octobre. 

Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington (Etats-Unis), le 14 octobre 2013.
Le Capitole, siège du Congrès américain, à Washington (Etats-Unis), le 14 octobre 2013. (MLADEN ANTONOV / AFP)

Le Congrès américain a relevé, mercredi 16 octobre, le plafond de la dette des Etats-Unis, écartant ainsi le risque d'un défaut de paiement. Cette mesure, qui met fin à la crise budgétaire, permet la réouverture des services fédéraux affectés par le shutdown depuis le 1er octobre. 

Un accord provisoire

Un accord a été trouvé au Sénat dans la journée, adopté dans la foulée à la Chambre des représentants et promulgué un peu plus tard par Barack Obama. Il n'est cependant que provisoire. Selon les termes du compromis, le Trésor est autorisé à emprunter jusqu'au 7 février, et l'Etat fédéral est financé jusqu'au 15 janvier. 

L'ensemble des fonctionnaires fédéraux mis au chômage technique depuis 16 jours ont été rappelés au travail dès jeudi matin. Ils seront tous payés rétroactivement.

Une crise politique qui ébranle la Maison Blanche

Le vote, à seulement quelques heures de la date butoir fixée par le Trésor américain, conclut plusieurs semaines d'une éprouvante bataille politique. Son issue apparaît comme un échec pour le camp républicain, et en particulier pour la frange la plus conservatrice, qui a exigé en vain des concessions importantes sur "Obamacare", la réforme de la santé de Barack Obama.

Mais cette sortie de crise ne constitue pas non plus une victoire pour la Maison Blanche. Cette bataille politique renforce l'impression d'une paralysie du pouvoir, les mains liées par un Congrès où la majorité et l'opposition sont à couteaux tirés.

Une joute politique à plusieurs milliards

Le compromis, provisoire, ne donne que quelques mois aux deux camps pour venir à bout de leurs différends et élaborer un budget pour le reste de l'année 2014.

Enfin, la paralysie des administrations fédérales ne restera pas sans conséquences : selon l'agence de notation Standard & Poor's, elle coûtera 0,6 point de pourcentage à la croissance économique américaine au quatrième trimestre, l'équivalent de 24 milliards de dollars de richesse produite en moins.