Ohio : l'agonie d'un condamné à mort lors de son exécution fait polémique

Dennis McGuire, 53 ans, a été exécuté jeudi 16 janvier à Lucasville par une injection létale de sédatif et d'antalgique jamais testée auparavant.

L\'unique photo connue de Dennis McGuire, fournie par l\'Ohio Department of Rehabilitation and Correction. Le condamné a été exécuté le 16 janvier, avec un cocktail létal inédit.
L'unique photo connue de Dennis McGuire, fournie par l'Ohio Department of Rehabilitation and Correction. Le condamné a été exécuté le 16 janvier, avec un cocktail létal inédit. (OHIO DRC / AFP)

L'Etat américain de l'Ohio a exécuté un condamné à mort par l'injection létale d'un cocktail médicamenteux, jeudi 16 janvier. L'Ohio – comme d'autres Etats américains – a dû changer de procédure car ses fournisseurs européens ont refusé de livrer l'anesthésiant en usage jusqu'ici. Mais les produits utilisés n'ont jamais été testés ensemble auparavant, ce qui crée une polémique autour des souffrances endurées par le détenu.

La plus longue exécution dans l'Ohio depuis 1999

Dennis McGuire, 53 ans, condamné pour le viol et le meurtre en 1989 d'une jeune femme enceinte, a été exécuté à Lucasville après une injection inédite de sédatif midazolam et d'antalgique hydromorphone. L'exécution a été la plus longue depuis que l'Ohio a rétabli la peine capitale en 1999, selon les journalistes qui y ont assisté : 24 minutes, selon le quotidien local The Columbus Dispatch (en anglais).

Quatre minutes après l'injection, "Dennis McGuire a commencé à se débattre et à haleter fortement, en produisant des sons d'éternuement et de suffocation qui ont duré au moins dix minutes, le poing serré en soulevant la poitrine. Un râle long et profond sortait de sa bouche", relate ainsi le Columbus Dispatch.

Ses avocats redoutaient "une peine cruelle et inhabituelle"

Ses avocats avaient affirmé que le condamné allait mourir d'asphyxie par un phénomène de "manque d'air" et endurerait "une peine cruelle et inhabituelle", prohibée par la Constitution. Mais tous les appels du condamné, jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, ont été rejetés.

Un juge fédéral de l'Ohio avait jugé que "la preuve n'avait pas été faite devant ce tribunal que McGuire présentait un risque substantiel d'expérimenter une souffrance sévère". Sur les trois exécutions conduites cette année, il s'agissait de la deuxième qui, réalisée avec de nouveaux produits, semble s'être produite dans des souffrances inhabituelles.