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Faute d'aide internationale, l'Equateur s'apprête à exploiter le pétrole dans une réserve

Le président Rafael Correa a demandé au Congrès l'autorisation d'extraire le pétrole dans cette importante réserve écologique.

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France Télévisions
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La jungle dans le parc Yasuni, en Equateur, le 9 novembre 2012. (PABLO COZZAGLIO / AFP)

"Avec une profonde tristesse, mais aussi avec une absolue responsabilité envers notre peuple et envers l'histoire, j'ai été obligé de prendre une des décisions les plus difficiles de tout mon gouvernement" et "de mettre fin" à l'initiative qui tentait d'éviter l'extraction de pétrole dans une zone du parc Yasuni. Le président de l'Equateur, Rafael Correa, a demandé, jeudi 15 août, au Congrès l'autorisation d'exploiter le pétrole dans cette importante réserve écologique d'Amazonie.

Sa demande fait suite à l'échec d'un plan international pour éviter l'extraction. En 2007, le président avait proposé à l'ONU de ne pas exploiter le bloc Ishpingo, Tambococha et Tiputini (ITT). Ces réserves sont estimées à 920 millions de barils de pétrole et représentent 20% des réserves de l'Equateur, le plus petit pays membre de l'Opep. En échange, il réclamait à la communauté internationale une compensation de 3,6 milliards de dollars sur 12 ans, à titre de contribution pour la lutte contre le réchauffement climatique et pour éviter l'émission de 400 millions de tonnes de CO2, responsables des gaz à effet de serre.

Moins de 1% des fonds récoltés

Mais durant ces dernières années, l'Equateur n'a obtenu qu'à peine 13,3 millions de dollars, soit 0,37% des fonds attendus, selon le président Correa. Ces fonds, versés par des entreprises privées ou des pays comme la Belgique, le Chili, la France, l'Italie, l'Espagne et l'Indonésie, ont été déposés sur un compte administré par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui garantit le retour de l'argent aux donateurs. "Le monde nous a lâchés", et c'est pourquoi "j'ai décidé de solliciter auprès de l'Assemblée nationale la déclaration d'intérêt national approuvant l'exploitation du pétrole" de Yasuni, a déclaré le chef d'Etat dépité.

Le parc Yasuni, limitrophe du Pérou, est une forêt tropicale humide "avec la plus grande biodiversité par kilomètre carré de toute l'Amazonie", selon le codirecteur de la station scientifique de biodiversité Tiputini de l'université San Francisco. Environ 11 000 indigènes quichua et huaorani vivent dans ce parc. Certains ont déjà annoncé qu'ils se mobiliseront contre le projet, qui ne doit pas affecter directement plus de 1% de la réserve.

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