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L'ONU veut éviter l'"escalade" aux Malouines

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, redoute qu'Argentine et Royaume-Uni ne réchauffent un conflit enterré il y a trente ans aux îles Malouines.

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France Télévisions
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Le drapeau des vétérans de la guerre des Malouines à Buenos Aires (Argentine), le 7 février 2012. (JUAN MABROMATA / AFP)

Symbole des années Thatcher, la guerre des Malouines (Falkland en anglais) peut-elle ressurgir ? Vendredi 10 février, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "a exprimé sa préoccupation au sujet des échanges de plus en plus vifs" entre Londres et Buenos Aires sur ces îles perdues au large de l'Argentine et appartenant au Royaume-Uni. Il a espéré que les deux gouvernements "éviter[aient] une escalade de ce différend et résoudr[aient] leurs divergences pacifiquement et par le dialogue".

L'Argentine accuse les Britanniques de "militariser" la zone

Le secrétaire général de l'ONU a réagi après un entretien avec le ministre des Affaires étrangères argentin, Hector Timerman. Buenos Aires avait annoncé jeudi son intention de présenter vendredi une plainte formelle devant le Conseil de sécurité de l'ONU dénonçant la "militarisation" britannique. Les deux pays se livrent à une guerre des mots à l'approche des 30 ans du déclenchement du conflit, en avril 1982.

Le ministre argentin a déclaré à la presse être "venu aux Nations unies pour dénoncer la militarisation de l'Atlantique sud par la Grande-Bretagne". Les Britanniques sont "en ce moment la puissance militaire la plus importante présente dans cette zone", a-t-il dit, affirmant avoir "transmis [à Ban Ki-moon] des données relatives à des sujets nucléaires, à des armes nucléaires", sans préciser ses accusations.

Le Royaume-Uni vient d'envoyer dans l'archipel le prince William, pilote d'hélicoptère de surveillance et de sauvetage de la Royal Air Force, ce qui a été vécu comme une provocation par l'Argentine, d'autant qu'un nouveau navire de guerre a été dépêché, ainsi qu'un sous-marin nucléaire, selon la presse anglaise. Londres a évoqué des "opérations de routine" et se défend de toute militarisation.



Londres défend le droit à l'autodétermination des habitants

Ces manœuvres anglaises réveillent les rancœurs. Lors de la guerre des Malouines, qui avait duré seulement 74 jours, du 2 avril au 14 juin 1982, 649 Argentins avaient perdu la vie ainsi que 255 Britanniques. Les îles avaient été attaquées par la dictature argentine, qui revendiquait la souveraineté sur l'archipel, dont les Argentins avaient été chassés en 1832 par le Royaume-Uni. La défaite argentine avait été suivie peu de temps après par la chute de la junte militaire.

Londres défend le droit "non-négociable" à l'autodétermination des habitants des Malouines (environ 3 000 personnes pour un millier de militaires déployés), qui veulent en majorité rester britanniques. L'Argentine a récemment obtenu le soutien des pays voisins (Brésil, Uruguay et Chili), qui ferment leurs ports à tous les navires arborant le drapeau des Malouines.

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