L'Argentine impose un contrôle des changes pour tenter de rassurer les marchés

Le pays connaît une situation économique très compliquée, avec une dette publique proche de 100%, une forte inflation et une incertitude politique.

Un caissier compte les billets en pesos, le 15 août 2019 à Buenos Aires (Argentine).
Un caissier compte les billets en pesos, le 15 août 2019 à Buenos Aires (Argentine). (JUAN MABROMATA / AFP)

L'Argentine serre la vis pour rassurer les marchés financiers. Le gouvernement argentin a décidé que les entreprises argentines exportatrices devraient demander l'autorisation de la Banque centrale pour acheter des devises, aux termes d'un décret officiel publié dimanche 1er septembre.

Ce contrôle des changes restera en vigueur jusqu'au 31 décembre 2019 et fait suite à une semaine d'incertitudes sur les marchés et de forte dépréciation de la monnaie argentine alors que le pays a demandé un rééchelonnement de sa dette au Fonds monétaire international (FMI). En 2018, le FMI lui avait octroyé un prêt de 57 milliards de dollars (51,7 milliards d'euros) sur trois ans en échange d'un plan de rigueur pour réduire le déficit de l'Etat, autre facteur d'inflation.

La présidentielle inquiète les marchés

En récession depuis 2018, le pays affiche un cocktail détonnant, avec une dette publique proche des 100% du PIB, une inflation parmi les plus élevées de la planète et une incertitude politique à deux mois du scrutin présidentiel. Très critique de l'accord avec le FMI, Alberto Fernandez, le candidat péroniste de centre gauche, est le favori de ce scrutin.

Malgré des déclarations qui se veulent rassurantes, les marchés se montrent très inquiets dans la perspective d'un changement de gouvernement à la tête de la troisième économie d'Amérique latine. Jeudi encore, la Bourse argentine a plongé de près de 6% (-5,79%) tandis que la Banque centrale a dû intervenir massivement pour contenir le peso.

La crainte principale des marchés et des Argentins tient en six lettres : "défaut". En 2001, le pays sud-américain, incapable de faire face aux échéances de remboursement de sa dette, avait connu le plus important défaut de paiement de l'histoire et avait dû faire face à une grave crise économique et sociale qui avait traumatisé les Argentins et les marchés financiers.