L'absence d'avancée sur le contrôle des armes aux Etats-Unis est la "plus grande frustration" d'Obama

"Ne pas être capable de résoudre ce problème est pour nous quelque chose d'éprouvant", explique le président américain, alors qu'une fusillade vient de se produire en Louisiane. 

Le président américain, Barack Obama, prend la parole à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 23 juillet 2015. 
Le président américain, Barack Obama, prend la parole à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 23 juillet 2015.  (MANDEL NGAN / AFP)

La plus grande frustration de sa présidence. Barack Obama a exprimé son "éprouvante" frustration face à l'absence d'avancée sur le contrôle des armes aux Etats-Unis, dans une interview diffusée dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet par la BBC (en anglais).

Cette déclaration intervient de manière presque concomitante avec une nouvelle fusillade tragique. Un homme blanc de 58 ans a ouvert le feu jeudi soir dans une salle de cinéma de Lafayette (Louisiane), tuant deux personnes et en blessant sept autres, avant de retourner son arme contre lui.

Dans l'entretien accordé à la chaîne publique britannique, le président américain estime que son pays est "la seule nation développée sur Terre dans laquelle nous n'avons pas suffisamment de lois sensées de contrôle des armes". Barack Obama dresse la comparaison entre le relativement faible nombre d'Américains victimes du terrorisme depuis les attentats du 11-Septembre et celui, beaucoup plus élevé, de victimes des armes à feu dans le pays.

"Je ne compte pas lâcher l'affaire"

"Si vous regardez le nombre d'Américains tués depuis le 11-Septembre par le terrorisme, c'est moins de 100. Si vous regardez le nombre de gens tués par la violence due aux armes à feu, ça va chercher dans les dizaines de milliers", déclare-t- il. "Et ne pas être capable de résoudre ce problème est pour nous quelque chose d'éprouvant. Mais je ne compte pas lâcher l'affaire dans les dix-huit mois qui restent" avant la fin de son mandat présidentiel, ajoute le président américain.

Fusillade après fusillade, la question des armes à feu aux Etats-Unis revient régulièrement dans le débat public et politique américain. Les meurtres de masse – au moins quatre personnes tuées, selon la définition de la police fédérale – ne représentent que 1% des meurtres commis aux Etats-Unis, selon le quotidien USA Today. Mais il s'en produit environ un toutes les deux semaines, relève le journal, en se fondant sur des statistiques du FBI.

Le puissant lobby des armes pointé du doigt 

Le 14 décembre 2012, un jeune homme de 20 ans, apparemment perturbé, tuait 26 personnes, dont 20 enfants d'une classe de CP, dans l'école Sandy Hook de Newtown (Connecticut). Peinant à retenir ses larmes, Barack Obama avait appelé le Congrès à légiférer pour durcir l'accès aux armes à feu. A peine quatre mois plus tard, pourtant, le Congrès sonnait le glas d'une réforme. Le président américain avait alors dénoncé "un jour de honte pour Washington", pointant du doigt le lobby des armes, la puissante National Rifle Association (NRA). Celle-ci martèle que le droit de posséder des armes est inscrit dans la Constitution, et le défend bec et ongles.

Un jury du Colorado délibère actuellement pour condamner ou non à mort un jeune homme reconnu coupable du meurtre de douze personnes lors d'une fusillade dans un cinéma d'Aurora en juillet 2012, pendant la projection du film The Dark Knight Rises. Mercredi, Dylann Roof, 21 ans, s'affirmant partisan de la suprématie blanche, a été inculpé de crimes racistes par un grand jury fédéral pour le meurtre de neuf paroissiens noirs dans une église de Charleston (Caroline du Sud).