Primaires républicaines : petits coups bas dans l'Iowa

Mardi aura lieu la première étape des primaires du Parti républicain pour désigner le candidat qui affrontera Barack Obama en 2012. Les candidats encore en lice fourbissent leurs dernières armes.

Le candidat à l\'investiture républicaine Mitt Romney le 28 décembre à North Liberty, dans l\'Iowa (Etats-Unis).
Le candidat à l'investiture républicaine Mitt Romney le 28 décembre à North Liberty, dans l'Iowa (Etats-Unis). (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Ça chauffe dans l'Iowa, où sera donné mardi 3 janvier le coup d'envoi des primaires républicaines pour la campagne présidentielle américaine de 2012. A quelques jours du "caucus", où les électeurs républicains de cet Etat désigneront leur candidat favori, les équipes de campagne fourbissent leurs dernières armes et appuient là où ça fait mal dans le camp adverse, sans s'interdire les petits coups bas... 

• Le directeur de campagne de Michele Bachmann passe à l'ennemi

L'ultra-conservatrice Michele Bachmann a beau tenter de garder la tête haute, c'est un coup dur pour elle. A six jours du caucus, son directeur de campagne dans l'Iowa, a annoncé qu'il quittait l'équipe de Michele Bachmann pour rejoindre son rival Ron Paul, évoquant un "moment de bascule" dans la campagne en faveur de celui qu'il estime être "le plus conservateur" des favoris.

Il faut dire que l'égérie du Tea Party n'est créditée que de 9 à 11 % des suffrages des républicains de l'Iowa dans les derniers sondages, là où Ron Paul se dispute avec son rival Mitt Romney la tête de la course. "Alors que les éléphants républicains vont attaquer Ron Paul, j'ai pensé qu'il était de mon devoir de venir à son aide", a précisé Kent Sorenson pour expliquer sa défection. Son ancienne patronne a eu beau dénoncer un débauchage obtenu contre rétribution - ce que nie l'intéressé -, le mal est fait.

• Un compte anonyme enfonce le clou sur les écrits gênants de Ron Paul

Ron Paul ne peut pas pour autant dormir sur ses deux oreilles. Depuis plusieurs jours, il est accusé d'avoir dans le passé flirté avec les franges les plus extrêmes de son mouvement, le parti libertarien. Le New York Times (article en anglais) a notamment exhumé dimanche 25 décembre des newsletters envoyées en son nom dans les années 1990 et contenant des passages à caractère raciste. Des écrits gênants dont Ron Paul tente vainement de se dédouaner depuis.

Le libertarien Ron Paul, qui brigue l\'investiture républicaine à l\'élection présidentielle de 2012, fait campagne à Maquoketa, dans l\'Iowa, le 22 décembre 2011.
Le libertarien Ron Paul, qui brigue l'investiture républicaine à l'élection présidentielle de 2012, fait campagne à Maquoketa, dans l'Iowa, le 22 décembre 2011. (JEFF HAYNES / REUTERS)

Peine perdue : lorsque la polémique se calme, un fil Twitter d'opposants anonymes intitulé @RP_Newsletter (les newsletters de Ron Paul) n'hésite pas à la relancer, comme jeudi en exhibant une lettre manuscrite attribuée au candidat dans laquelle il faisait, si l'on en croit le texte, la publicité de sa newsletter.

• Les partisans de Romney listent les casseroles de son challenger

Mitt Romney, lui, peut se targuer de figurer dans le trio de tête de tous les sondages, mais le plus consensuel des candidats peine à se démarquer de ses rivaux. Pour tenter de le faire décoller dans l'Iowa, où il a peu fait campagne, ses soutiens rassemblés dans le comité politique Restore our future ont mis près d'un million de dollars (770 000 euros) sur la table pour diffuser dans l'Etat un spot publicitaire égratignant sévèrement Rick Perry et Newt Gingrich, deux de ses adversaires les plus sérieux.

 

Le clip évoque notamment quelques lignes embarassantes du CV de Newt Gingrich, dont une sanction prononcée contre lui par la commission d'éthique de la Chambre des représentants à l'époque où il y siégeait. Un clip encore plus agressif a même brièvement diffusé par la même équipe, avant d'être retiré. Des attaques qui agaçent Newt Gingrich, qui se veut le héraut d'une "campagne positive".

Excédé, celui-ci a proposé à l'antenne de CNN un débat seul à seul à son rival pour régler leurs différends. "J'ai un message très simple pour Mitt Romney. Je le rencontrerais n'importe où dans l'Iowa pendant 90 minutes, rien que nous deux". Un avant-goût du combat qui va se jouer dans l'Iowa.