Equateur : la perspective d'un dialogue se dessine après des jours de violences entre manifestants et forces de l'ordre

Le pays est secoué depuis début octobre par un mouvement social inédit depuis 2007.

Des habitants manifestent à Quito (Equateur), le 12 octobre 2019.
Des habitants manifestent à Quito (Equateur), le 12 octobre 2019. (MARTIN BERNETTI / AFP)

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait cinq morts et plus de 2 000 blessés. La situation est très tendue en Equateur, après l'annonce du président Lenin Moreno d'augmenter de plus de 100% les tarifs de l'essence, en échange d'un prêt du FMI de 4,2 milliards de dollars. Depuis dix jours, un mouvement social secoue le petit pays andin, marqué également par des grèves et des blocages de puits pétroliers en Amazonie. Lenin Moreno a transféré lundi le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest) et l'état d'urgence a été décrété pour 60 jours, ainsi qu'un couvre-feu autour des institutions du pouvoir, avec 74 000 militaires et policiers ont été déployés.

Fer de lance de la contestation sociale, les responsables indigènes rejettent la suppression des subventions au carburant, qui les affecte de plein fouet. Représentant 68% des pauvres dans le pays, ils travaillent principalement dans l'agriculture et voient s'envoler les coûts de transport pour l'écoulement de leurs produits. Samedi 12 octobre, la principale organisation indigène d'Equateur a toutefois annoncé qu'elle acceptait de participer au "dialogue direct" proposé par le président pour "faire baisser la violence". "Après un processus de consultation avec les communautés, organisations, peuples, nationalités et organisations sociales, nous avons décidé de participer au dialogue direct" avec le chef de l'Etat, a déclaré la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie) dans un communiqué.