David, jeune diplômé : "Le mariage gay, Obama en a parlé, mais il n'a rien fait !"

David, jeune diplômé de l'unversité de Columbia, à New York, cherche encore sa voie. Marqué par les revers économiques d'Obama, il n'est pas sûr de soutenir le président dont il partage pourtant les valeurs.

David, jeune diplômé de l\'université de Columbia, le 14 octobre 2012 à New York (Etats-Unis).
David, jeune diplômé de l'université de Columbia, le 14 octobre 2012 à New York (Etats-Unis). (MARION SOLLETTY / FRANCETV INFO)

PRESIDENTIELLE AMERICAINE - A 23 ans, David se cherche encore. Il est sorti diplômé de la prestigieuse université de Columbia, à New York, en 2011, mais ses deux "majors" (matières dominantes), psychologie et science politique, ne lui offrent guère de débouchés. En attendant de trouver mieux, il travaille comme assistant administratif à la bibliothèque de l’université et habite chez sa grand-mère, dans le New Jersey, de l’autre côté de la rivière Hudson.

Gay et progressiste, le jeune homme aurait toutes les raisons de soutenir Barack Obama, mais manque sérieusement de motivation pour aller voter le jour J. Comme aux autres électeurs rencontrés à la veille de l'élection présidentielle du 6 novembre, francetv info lui a demandé les raisons de son choix.

Sa vie en 2008

"Il y a quatre ans, j’étais encore étudiant. Et quand tu es étudiant, tu es encore dans l’insouciance sur le fait de devoir te nourrir, te loger… Je ne me projetais pas dans l’avenir." David se sait privilégié : pour ses études, il a bénéficié de différentes bourses et aides, et surtout du soutien de ses parents, intellectuels de gauche plutôt aisés. Il n’a aucune dette, malgré un coût total qu'il estime à environ 200 000 dollars (154 000 euros) pour ses quatre années d’étude.

Lorsqu'est venu le moment de glisser son bulletin dans l’urne en 2008, le choix lui a semblé évident : les questions de société sont prédominantes pour lui, il a donc voté pour Barack Obama, le seul à "promouvoir plus d’égalité".

Sa vie en 2012

David est aujourd'hui en pleine réflexion sur son avenir : il aimerait se réorienter vers le privé et une carrière davantage orientée business. C’est la fin pour lui d’une certaine insouciance. Si ses valeurs n’ont pas changé, l’ordre de ses priorités a été quelque peu chamboulé par les évènements qui se sont produits depuis 2008.

Lui qui ne prêtait pas grande attention à l’état de l’économie a été particulièrement marqué par la dégradation par Standard & Poor’s de la dette américaine, en août 2011, qui a marqué un nouveau tournant dans la crise économique et financière mondiale. "Les télés en ont parlé pendant trois mois… Economiquement, c’est un revers énorme. Pas pour moi, mais pour le pays dans son ensemble. Ça n’aurait jamais dû arriver."

Et la présidence Obama, dans tout ça ?

Quatre ans après l’élection d’Obama, le jeune homme n’est plus aussi convaincu par celui qu'il avait soutenu. Il n'est pas sûr que la dégradation de l’économie soit directement imputable au président, mais estime qu'il en porte au moins partiellement la responsabilité. Et si le progrès social défendu par Obama est toujours aussi important à ses yeux, il tarde à se concrétiser.

Le soutien officiel au mariage gay apporté par Barack Obama début mai ? "C’est toujours bien de le dire, mais est-ce qu'il a fait quelque chose depuis ? Non."  Alors c’est vrai, il ne votera pas pour Mitt Romney, qu'il juge rétrograde sur ce plan. Après quelques tergiversations – "ce n’est pas très bien vu", explique-t-il ensuite – il avoue que le 6 novembre, il n’est pas vraiment sûr d’aller voter.