Crise politique en Bolivie : des heurts près de La Paz font trois morts et 30 blessés

Ces affrontements ont éclaté mardi entre des manifestants et l'armée bolivienne, qui dégageait une raffinerie bloquée depuis plusieurs jours par des partisans d'Evo Morales. L'ancien président a démissionné le 10 novembre. 

Des heurts éclatent entre des partisans de l\'ancien président bolivien Evo Morales et des membres des forces de l\'ordre, le 19 novembre 2019 à El Alto (Bolivie). 
Des heurts éclatent entre des partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales et des membres des forces de l'ordre, le 19 novembre 2019 à El Alto (Bolivie).  (DAVID MERCADO / REUTERS)

Le bilan des violences en Bolivie s'alourdit. Trois personnes sont mortes, mardi 19 novembre, lors de heurts entre des manifestants et l'armée bolivienne, qui dégageait une raffinerie bloquée par des partisans d'Evo Morales. Depuis le début de la crise politique dans ce pays andin, 27 personnes ont perdu la vie.

Les heurts ont éclaté mardi lorsque des "agitateurs et des vandales enragés" s'en sont pris à l'usine de combustible de Senkata, à El Alto, ville-jumelle de La Paz, en utilisant des "explosifs de forte puissance", selon les termes de l'armée bolivienne dans un communiqué. Peu avant, la police et l'armée étaient intervenues pour débloquer l'accès à la raffinerie, occupée depuis un peu moins d'une semaine par des manifestants. Ce blocage avait entraîné une grave pénurie de carburants à La Paz.

"Il a été constaté la mort de trois personnes, dont deux par balle", parmi lesquelles Dayvi Posto Cusi, un homme de 31 ans, a déclaré à l'AFP un porte-parole du Défenseur du peuple, un organe public chargé de protéger les droits et libertés des Boliviens. En outre, 30 personnes ont été blessées, a ajouté le Défenseur du peuple. "Nous demandons aux autorités qu'elles ouvrent une enquête."

Des manifestations quotidiennes

Les manifestants entendaient exprimer leur rejet de Jeanine Añez, la présidente par intérim de la Bolivie, qui a pris les rênes du pays 48 heures après la démission d'Evo Morales, le 10 novembre.

Depuis le départ du premier président indigène du pays, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province pour exiger le départ de sa remplaçante. Lundi soir, la police, escortée par l'armée, a tiré des grenades lacrymogènes contre plusieurs milliers de manifestants pro-Morales dans une localité proche de Cochabamba (dans le centre du pays) où neuf paysans ont été tués lors de heurts vendredi. 

Pour tenter de calmer le jeu, Jeanine Añez a promis une élection présidentielle et des législatives dans un avenir proche, sans toutefois avancer de date. 

Une pénurie d'aliments se fait par ailleurs ressentir dans les magasins et les restaurants de La Paz, en raison des blocages de routes menant aux régions agricoles de la Bolivie. Sur les marchés, les files d'attente s'allongent et les prix explosent : un œuf valait il y a une semaine 1 boliviano (13 centimes d'euro) et se vend plus du double aujourd'hui.