Bolivie : acculé après sa victoire très contestée, Evo Morales annonce la convocation d'une nouvelle élection présidentielle

L'Organisation des États américains (OEA) a recommandé dimanche, dans un rapport préliminaire, la tenue d'un nouveau scrutin présidentiel en Bolivie.

Le président bolivien Evo Morales à El Alto, en Bolivie, le 10 novembre 2019.
Le président bolivien Evo Morales à El Alto, en Bolivie, le 10 novembre 2019. (CARLOS GARCIA RAWLINS / REUTERS)

Nouvelle étape dans la crise bolivienne. Le chef de l'Etat, Evo Morales, a promis dimanche 10 novembre de convoquer une nouvelle élection présidentielle, après la publication d'un rapport de l'Organisation des Etats américains (OEA) réclamant l'annulation du scrutin contesté du 20 octobre pour cause d'irrégularités. Le président, qui a été proclamé vainqueur, a par ailleurs annoncé le remplacement des membres de la commission électorale, conformément aux recommandations de l'OEA.

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Ce rapport a été rédigé sur la base d'un audit de l'élection, qui n'a pas permis d'en vérifier le résultat. "Les manipulations du système informatique sont d'une telle ampleur qu'elles doivent faire l'objet d'une enquête approfondie de la part de l'Etat bolivien qui doit aller au fond des choses et déterminer la responsabilité de cette grave affaire", disent ses auteurs. L'OEA juge statistiquement peu probable qu'Evo Morales ait obtenu la marge de dix points de pourcentage nécessaire pour être élu dès le 1er tour et invite la Bolivie à se doter de nouvelles autorités électorales avant la tenue d'une nouvelle élection.

Les policiers ont rejoint les manifestants

Le 20 octobre, le Tribunal électoral suprême (TSE) avait interrompu de manière inattendue les projections des résultats sur son site montrant qu'un second tour entre Evo Morales et Carlos Mesa se profilait après le dépouillement de 84% des bulletins. De multiples incidents avaient éclaté dans la foulée, les Boliviens dénonçant des "fraudes"Lorsque le TSE a repris son décompte le lendemain, Evo Morales figurait alors largement en tête avec une marge légèrement supérieure au seuil des dix points nécessaires. Le vice-président du TSE avait par la suite démissionné, mettant en cause le système de décompte.

Samedi, Evo Morales, acculé de toutes parts, avait lancé un appel au dialogue pour tenter d'apaiser la contestation, mais l'appel a aussitôt été rejeté par l'opposition. Trois semaines après sa réélection contestée, la mobilisation ne faiblit pas dans le pays. Des incidents ont été relevés dans la nuit de samedi à dimanche à El Alto, ville collée à La Paz et considérée comme un bastion d'Evo Morales, selon des médias locaux. Des policiers se sont mutinées et ont rejoint les rangs des manifestants, tandis que des médias d'Etat ont été occupés, selon l'exécutif.