Argentine : le Sénat autorise des perquisitions chez l'ex-présidente Cristina Kirchner

Les perquisitions pourraient intervenir dès vendredi dans ses trois propriétés. Principale figure de l'opposition, l'ancienne dirigeante se dit victime d'une "persécution politique".

Cristina Kirchner lors d\'un discours devant le Parlement, le 22 août 2018, à Buenos Aires, en Argentine.
Cristina Kirchner lors d'un discours devant le Parlement, le 22 août 2018, à Buenos Aires, en Argentine. (LUCIANO INGARAMO / PRENSA SENADO / AFP)

L'affaire dite des Cahiers de la corruption se poursuit en Argentine. Le Sénat a autorisé, jeudi 23 août, des perquisitions dans les résidences de l'ex-présidente Cristina Kirchner. L'ancienne dirigeante est citée dans un scandale colossal de pots-de-vin, visant à la fois son administration et de grands patrons.

Les sénateurs ont voté à l'unanimité des 67 présents (sur 72) en faveur des perquisitions, qui pourraient intervenir dès jeudi, y compris Cristina Kirchner, qui siège au Sénat depuis 2017. Principale figure de l'opposition au président Mauricio Macri, l'ancienne présidente se dit victime d'une "persécution politique". Son avocat dénonce pour sa part un "show médiatique".

Des pots-de-vin versés à des entreprises du bâtiment

Cristina Kirchner, au pouvoir de 2007 à 2015, a déjà été inculpée en 2016 dans une affaire de corruption. L'ancienne dirigeante bénéficie d'une immunité parlementaire qui l'empêche d'être emprisonnée ou perquisitionnée, mais pas d'être entendue par le juge, mise en examen ou jugée. La justice pourra donc mener des perquisitions dans ses trois propriétés, une à Buenos Aires et deux en Patagonie.

L'affaire des Cahiers de la corruption a été révélée le 1er août, date de la publication du contenu de plusieurs cahiers d'écolier, où Oscar Centeno, le chauffeur du vice-ministre de la Planification (Travaux publics) Roberto Baratta, notait méticuleusement la date, l'heure, le lieu des remises de sacs d'argent. Selon ces révélations, les pots-de-vin versés par des entreprises du secteur du bâtiment étaient acheminés au domicile de ministres du gouvernement Kirchner.