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Al-Qaïda dans la péninsule arabique a revendiqué lundi la tentative d'attentat sur le vol Amsterdam-Detroit

L'information a été donnée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.Dans son communiqué, Al-Qaïda encense Umar Farouk Abdulmutallab, l'auteur de l'attentat raté: "le frère nigérian est passé à travers toutes les barrières de sécurité pour son opération, brisant le grand mythe du renseignement américain".
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L'avion de la Delta mis à l'écart à son arrivée à Detroit (France 2)

L'information a été donnée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

Dans son communiqué, Al-Qaïda encense Umar Farouk Abdulmutallab, l'auteur de l'attentat raté: "le frère nigérian est passé à travers toutes les barrières de sécurité pour son opération, brisant le grand mythe du renseignement américain".

"Il a utilisé une technique d'explosifs développée par les moujahidine dans les ateliers d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique", basée au Yémen, ajoute le texte. Le groupe dit avoir fourni au jeune Nigérian interpellé dans l'avion un "engin techniquement perfectionné" mais que cet engin n'a pas explosé en raison d'un problème technique.

Selon Al-Qaïda, cette tentative d'attentat répondrait à des attaques des Etats-Unis au Yémen mais sans donner de date précise.

Le Nigérian se trouvait encore au Yémen en décembre
Farouk Abdulmutallab se trouvait encore début décembre au Yémen, où le réseau Al-Qaïda est actif, peu avant l'attentat qu'il a tenté de perpétrer sur un avion entre Amsterdam et Detroit, a confirmé mardi le ministère yéménite des Affaires étrangères.

"Il a séjourné au Yémen entre début août et début décembre, après avoir obtenu un visa pour étudier la langue arabe dans un institut de Sanaa où il avait suivi auparavant des cours", a déclaré un porte-parole du ministère dans un communiqué publié par l'agence officielle Saba.

Le porte-parole n'a donné aucune précision sur le premier séjour du jeune Nigérian, ajoutant toutefois que le Yémen lui avait accordé un visa après s'être "assuré que l'intéressé s'était vu accorder des visas par des pays amis, dont un visa toujours valide aux Etats-Unis où il s'était rendu auparavant".

L'enquête se poursuit
De son côté, la police militaire néerlandaise enquête sur l'éventuelle implication d'un complice qui pourrait avoir aidé le Nigérian accusé. Un couple d'Américains ayant voyagé sur le vol, Kurt et Lori Haskell, ont déclaré à Reuters et d'autres agences avoir vu un homme de grande taille d'une cinquantaine d'années, bien habillé, discuter avec le suspect Umar Farouk Abdulmutallab vendredi matin à l'aéroport Schiphol d'Amsterdam.

Depuis son lieu de vacances à Hawaï, le président des Etats-Unis, Barack Obama, a demandé la révision des listes de personnes à surveiller dans les aéroports, a révélé sur ABC son porte-parole Robert Gibbs.

Umar Farouk Abdulmutallab, dont la radicalisation avait été signalée aux Etats-Unis en novembre par son propre père, figurait depuis sur une liste fourre-tout de 550.000 noms, mais n'était ni interdit de vol sur les Etats-Unis, ni même considéré comme devant être particulièrement contrôlé dans les aéroports.

A Detroit, la justice a indiqué que le suspect, qui a été brûlé lors de sa tentative, serait présenté à un juge fédéral le 8 janvier pour la lecture de l'acte d'accusation.

M. Gibbs a souligné dimanche que les procédures, apparues pour la plupart après les attentats du 11 septembre 2001, étaient "vieilles de plusieurs années". Barack Obama, a poursuivi son porte-parole, a aussi "posé au ministère de la Sécurité intérieure la question très concrète de savoir comment quelqu'un avec quelque chose d'aussi dangereux que de la penthrite a pu monter dans un avion à Amsterdam".

L'inculpé a avoué avoir injecté à l'aide d'une seringue un liquide chimique dans une poudre qu'il avait cachée sur sa cuisse, pour tenter de faire exploser l'avion. Ce procédé lui aurait permis de passer sans difficulté les contrôles de l'aéroport d'Amsterdam-Schipol, jugés très sérieux, où il se trouvait en transit en provenance de Lagos, en possession d'un visa américain datant de juin 2008.

Sa tentative de faire sauter l'Airbus A330, avec 278 passagers et 11 membres d'équipage à bord, a provoqué une petite explosion et un début d'incendie. Un touriste néerlandais, Jasper Schuringa, devenu le "héros" du vol 253, s'est alors jeté sur lui, l'a ceinturé, et a entrepris d'éteindre le feu avec l'aide d'autres passagers et de l'équipage.


Des mesures de sécurité renforcées

La tentative d'attentat vendredi a entraîné un durcissement immédiat des mesures de sécurité dans les aéroports du monde entier, avec fouille au corps de tous les passagers en partance pour les Etats-Unis et contrôles supplémentaires des bagages à main.

D'autres consignes strictes ont été données par certaines compagnies, qui ont parfois excédé les demandes américaines.

L'explosif utilisé: le penthrite
Le puissant explosif utilisé dans l'attentat manqué contre un avion américain entre Amsterdam et Detroit vendredi aurait potentiellement pu faire un trou dans la carlingue, mais pas nécessairement détruire l'appareil ou provoquer sa chute, selon des experts. Le penthrite est une poudre de la famille de la nitroglycérine selon le ministère américain de la Justice. La même substance avait été découverte dans les chaussures du Britannique Richard Reid, qui avait tenté de mettre à feu des explosifs cachés dans ses chaussures à bord d'un vol Paris-Miami, en décembre 2001.

Selon Bruce Hoffman, expert en terrorisme à l'université de Georgetown à Washington, "c'est l'un des explosifs les plus puissants qui soient. A bord d'un avion, en particulier côté fenêtre, où la carlingue est la plus vulnérable, il suffit seulement d'une petite dose pour détruire un bout de fuselage".

En revanche si l'on en croit Vincent Favé, expert français en accidents aériens, "tout dépend de la taille du trou, de la puissance de l'explosif et de l'altitude. Plus l'avion est haut, plus il est exposé en raison de la forte pressurisation" mais "je ne suis pas persuadé qu'un trou de taille réduite soit un vrai danger pour l'avion. Le danger existe pour la personne qui se trouve à proximité, et qui, si elle n'est pas attachée, risque de passer dedans".

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