Tunisie : le Premier ministre démissionne après plusieurs mois de crise politique

Une démission attendue et conforme à un accord destiné à résoudre une longue crise politique.

Le Premier ministre Ali Larayedh, jeudi 9 janvier 2014, après la remise de sa démission au président Moncef Marzouki, à Tunis (Tunisie).
Le Premier ministre Ali Larayedh, jeudi 9 janvier 2014, après la remise de sa démission au président Moncef Marzouki, à Tunis (Tunisie). (FETHI BELAID / AFP)

C'est un geste attendu, conformément à un accord destiné à sortir la Tunisie d'une longue crise politique. Le Premier ministre Ali Larayedh a remis jeudi 9 janvier sa démission au président Moncef Marzouki, alors que le pays est une nouvelle fois déstabilisé par des conflits sociaux, émaillés de heurts.

"Comme je m'y étais engagé il y a un moment, (...) je viens de présenter la démission du gouvernement", a-t-il annoncé. Et d'ajouter : "Le président m'a chargé de poursuivre la supervision des affaires du pays jusqu'à la formation du nouveau gouvernement présidé par Mehdi Jomaâ." 

Des législatives et une présidentielle prévue en 2014

Parallèlement, l'Assemblée nationale constituante a introduit le concept de parité homme-femme au projet de Constitution, texte exceptionnel dans le monde arabe qui doit être approuvé une seconde fois dans l'après-midi. L'Assemblée ayant formé mercredi une instance électorale et la Constitution étant en cours d'adoption, les conditions fixées dans un accord cosigné par l'essentiel de la classe politique étaient réunies pour sa démission, avait relevé un peu plus tôt Ali Larayedh.

Selon ce compromis, le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, sera appelé à former un cabinet d'indépendants devant conduire la Tunisie jusqu'à des législatives et une présidentielle en 2014. Une fois officiellement désigné, Mehdi Jomaâ aura 15 jours pour constituer son équipe, puis devra obtenir la confiance de l'Assemblée pour devenir le cinquième chef de gouvernement depuis la révolution de janvier 2011.

Cela entérinera aussi le départ volontaire du pouvoir du parti islamiste Ennahda, qui avait remporté l'élection de l'Assemblée nationale constituante en octobre 2011, le premier scrutin libre de l'Histoire de la Tunisie. Des négociations chaotiques ont conduit à cette issue, après de nombreux reports, pour résoudre la profonde crise politique déclenchée en juillet par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi.