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Afrique du Nord: une majorité dit non à l'islam politique, selon un sondage

Une étude réalisée dans les cinq pays d’Afrique du Nord révèle que l’islam et la prière ont une place très importante au quotidien. En revanche, l’écrasante majorité des personnes sondées s’est prononcée en faveur d’une séparation entre la religion et la politique.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une photo de l'étute effectuée par l'institut de sondage tunisien Sigma dans cinq pays d'Afrique du Nord (Capture d'écran )

L’islam est «très important dans leur vie». C’est le premier constat de l’étude réalisée, le 10 mai 2016, par l’institut tunisien Sigma en collaboration avec l’Observatoire arabe des religions et des libertés et la Fondation Konrad-Adenauer. La majorité des personnes sondées en Lybie, en Egypte, en Tunisie, au Maroc ou en Algérie juge que la religion a toute sa place au quotidien.
 
Non à l’islam politique  
S'ils sont nombreux en Afrique du Nord à être attachés à leur religion et à sa pratique au quotidien, la grande majorité est favorable à la séparation entre la religion et la politique. Et en tête de liste, on retrouve les Tunisiens qui se prononcent à plus de 70% contre l’islam politique. Ils sont aussi les plus nombreux à «désapprouver l’intervention des imams dans la vie politique». Plus d’une personne sur deux trouve même que l’islam y a «un impact négatif».

Les réponses à la question de la séparation entre la religion et la politique.  (Capture d'écran de l'institut de sondage Sigma)

 
Conservateurs, oui mais…
Selon les chiffres du sondage qui porte sur 1000 citoyens par pays, les Marocains semblent les plus timides sur la question de la séparation entre religion et politique. S’ils sont plus de 54% à se prononcer pour, ils sont un peu plus d’un tiers seulement à «désapprouver l’intervention des imams dans la vie politique».

On apprend en revanche que le Libyens, qui ont fortement revendiqué l’application de la charia (loi islamique), se prononcent majoritairement pour la séparation entre la religion et la politique. «Des pays peuvent être très conservateurs sans adhérer à l’islam politique», explique Mohamed Haddad, le président de l’Observatoire arabe des religions et des libertés.

L'inquiétude face à l'extrémisme religieux n'est pas la même selon les pays d'Afrique du Nord. (Capture d'écran du site Sigma)

 
Et l’extrémisme, vous en pensez quoi ?
Appelés à définir «l’extrémisme religieux», les sondés des cinq pays d’Afrique du Nord hésitent entre «une mauvaise interprétation de l’islam» ou «une calomnie».
Concernant Daech, la plupart des sondés interrogés par téléphone l’associent à «terrorisme» ou «barbarie» et l’écrasante majorité dit avoir une image «très mauvaise» ou «plutôt mauvaise» de l’organisation Etat islamique.
 

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