Tunisie: retour au calme à Sidi Bouzid après le couvre-feu

Après la victoire officielle du parti Ennahda à l'Assemblée constituante, des manifestants anti-islamistes se sont heurtés à la police dans cette ville d'où était partie la révolution.

Des meubles brûlés lors de manifestations d\'anti-islamistes contre le parti Ennahda à Sidi Bouzid (Tunisie), le 28 octobre 2011.
Des meubles brûlés lors de manifestations d'anti-islamistes contre le parti Ennahda à Sidi Bouzid (Tunisie), le 28 octobre 2011. (MOKHTAR KAHOULI / AFP)

La ville de Sidi Bouzid s'est réveillée dans le calme, samedi 29 octobre. Cette commune, d'où est partie la contestation en Tunisie l'an dernier, avait été le théâtre la veille au soir d'affrontements entre militants anti-islamistes et forces de l'ordre la veille. Des groupes protestaient contre la victoire du parti islamiste modéré Ennahda aux élections, jeudi 27 octobre, et l'instauration d'un couvre-feu pour éviter de nouvelles échauffourées.

A Sidi Bouzid, samedi matin, le grand marché hebdomadaire s'est donc ouvert sans incident. Des équipes procèdent au nettoyage des bâtiments administratifs vandalisés et pillés par les manifestants. Seuls quelques blindés stationnent aux abords du commissariat et de l'hôtel de ville. Les boutiques et les cafés sont de nouveau ouverts et la circulation dans les rues a repris, toutefois les écoles et lycées sont demeurés fermés par précaution.

La mairie incendiée

Depuis la veille à 19h (20h heure française) jusqu'à samedi 5 heures, un couvre-feu a été instauré à Sidi Bouzid. Les contestations des résultats des premières élections tunisiennes depuis la chute du président Ben Ali ont commencé jeudi soir, et après une brève accalmie, elles se sont poursuivies vendredi.

La proclamation officielle de la victoire du parti islamiste Ennahda lors des élections du 23 octobre ont été accueillies avec colère à Sidi Bouzid. Des opposants aux islamistes ont incendié et pillé la mairie et la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants jeudi. Plusieurs milliers de personnes stationnaient de nouveau devant la mairie vendredi à la mi-journée.

L'ancien parti de Ben Ali en sous-main

Les manifestants protestaient aussi contre l'invalidation de six listes d'Hechmi Haamdi, un richissime homme d'affaires, en raison d'irrégularités de financement. Le milliardaire, à la tête du mouvement La pétition populaire, a notamment remporté le scrutin dans la circonscription de Sidi Bouzid.

Des membres du arch (tribu) d'Hechmi Haamdi ont été vus à la tête des manifestants vendredi, ainsi que des figures de l'ancien parti de Ben Ali, le RCD, soupçonné d'être derrière le succès inattendu de Hechmi Haamdi. Vendredi matin, Rached Ghannouchi, le leader d'Ennahda, avait affirmé voir dans ces troubles "la main du RCD dissous". Il a également lancé un appel "au calme et à la préservation des biens publics" aux habitants de Sidi Bouzid.

Francetv info, AFP et TV Tunisinne