Soudan : une femme vêtue de blanc devient le symbole de la contestation contre Omar El-Béchir

A Khartoum, les images d'une femme vêtue de blanc, exhortant la foule à se révolter contre le régime d'Omar El-Béchir, font le tour des réseaux sociaux.

Une femme soudanaise harangue la foule, à Khartoum (Soudan), dans une manifestation contre le régime d\'Omar el-Bechir, le 8 avril 2019.
Une femme soudanaise harangue la foule, à Khartoum (Soudan), dans une manifestation contre le régime d'Omar el-Bechir, le 8 avril 2019. (LANA H. HAROUN / TWITTER / REUTERS)

Debout sur le toit d'une voiture, l'index levé vers le ciel, elle harangue la foule en criant "Thawra !" ("révolution"). La photo de cette femme vêtue de blanc, prise à Khartoum (Soudan), lundi 8 avril, par Lana H. Haroun, est devenue symbolique du mouvement de contestation contre le régime d'Omar El-Béchir, en étant massivement relayée sur les réseaux sociaux.

Cette manifestante incarne désormais les "kandakas", surnom donné aux femmes protestataires et emprunté aux reines de l'antique royaume de Koush. Sa tenue rappelle "les grands mouvements populaires qui ont contribué à jeter à bas deux régimes militaires, en 1964 et 1985, au Soudan", souligne Le Monde.

Depuis le samedi 6 avril, une foule déterminée de Soudanais défie chaque jour le régime et réclame la démission du président, au pouvoir depuis trois décennies. "Le peuple veut la chute du régime", scandent les manifestants, faisant le "V" de la victoire et allumant leurs téléphones en guise de bougies. Ils appellent aussi l'armée à rejoindre leur mouvement de contestation, né en décembre mais qui a connu un net regain samedi dernier.

Mais la contestation a débuté en décembre 2018, avec, dans ses rangs, de très nombreuses femmes. Elles seraient même "majoritaires", selon Le Monde. "Certaines s'engagent même physiquement dans les affrontements avec les forces de l'ordre", complète Jeune Afrique.