Soudan : "Nous demandons aux belligérants de respecter les infrastructures médicales", lance un conseiller de Médecins sans frontières

Les affrontements au Soudan ont déjà fait plus de 420 morts et 3 700 blessés, selon un bilan provisoire de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Et les médicaments ne vont pas tarder à manquer, souligne notamment Jérôme Tubiana.
Article rédigé par France Info
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Les équipes de Médecins sans frontières font face à un afflux de victimes civiles à El Fasher, au nord du Darfour (Soudan). (ALI SHUKUR / MEDECINS SANS FRONTIERES (MSF) / VIA AFP)

"Nous demandons aux belligérants de respecter les infrastructures médicales" au Soudan, appelle dimanche 23 avril sur franceinfo Jérôme Tubiana, chercheur spécialiste du soudan et conseiller aux opérations de Médecins sans frontières (MSF) alors que la France a commencé à évacuer ses ressortissants et son personnel diplomatique.

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Jérôme Tubiana, qui était dans le pays il y a une semaine encore, explique qu'il n'y a pas de Français sur place pour MSF et que leurs équipes sont "largement soudanaises". Ceux qui souhaitent être évacués sont surtout localisés au Darfour, "ce qui est plus compliqué qu'à Khartoum". Selon lui, "ce conflit est allé très loin en termes de violence" et il semble pour l'instant "y avoir des réticences des deux côtés à voir s'installer une trêve durable."

"Des hôpitaux ont été pillés"

Sur place, le chercheur et conseiller appelle à "permettre aux équipes de se déplacer et de prendre en charge les blessés". Notamment à El Fasher [au nord du Darfour], Jérôme Tubiana assure qu'il y a eu un afflux de blessés : "Nous en sommes à 354; 47 sont morts, ce sont surtout des civils". Il réclame un accès "le plus régulièrement possible" à cet hôpital.

"L'autre problème c'est le manque de médicaments et d'équipements", déplore Jérôme Tubiana, "à El Fasher nous en avons pour trois semaines. Après il faudra se débrouiller pour faire sortir des gens et entrer de l'équipement et des médicaments", ce qui reste très compliqué sans trêve entre les deux belligérants. "Des hôpitaux ont été pillés, ce qui n'est pas normal", dénonce-t-il. "C'est beaucoup de stress pour nos équipes", explique Jérôme Tubiana, "elles sont parfois obligées de se terrer dans leurs maisons". Le conseiller de MSF assure que l'ONG "essaye de discuter" avec toutes les parties et garde une "neutralité stricte". Même si, selon lui, les travailleurs humanitaires qui ont perdu la vie dans ce conflit "semblent plutôt être des victimes collatérales", comme dans tout conflit, "les ONG peuvent être des cibles".

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