Somalie : la militante des droits de l'Homme Almaas Elman Ali tuée par balle à Mogadiscio

Le gouvernement somalien a condamné ce meurtre et ouvert une enquête pour traduire les responsables en justice.

Un véhicule des forces de maintien de la paix des Nations unies dans le périmètre de l\'aéroport de Mogadiscio, le 1er mai 2017.
Un véhicule des forces de maintien de la paix des Nations unies dans le périmètre de l'aéroport de Mogadiscio, le 1er mai 2017. (MOHAMED ABDIWAHAB / AFP)

Une célèbre militante des droits de l'Homme titulaire de la double nationalité somalienne et canadienne a été tuée par balle le 20 novembre 2019 à Mogadiscio. Des responsables de sécurité suggèrent qu'Almaas Elman Ali a été atteinte par une balle perdue.

Balle perdue ou tir ciblé

Almaas Elman Ali se déplaçait en véhicule dans l'enceinte de la zone aéroportuaire de la capitale somalienne, un site pourtant fortement sécurisé, lorsqu'elle a été mortellement atteinte. "Elle était à l'intérieur d'une voiture sur une route à l'intérieur de l'aéroport", a affirmé un responsable de la sécurité, Mohamed Omar. "Une balle perdue l'a atteinte et elle est décédée en quelques minutes", a-t-il ajouté. Almaas Elman Ali est décédée sur le trajet de l'hôpital.

Les fusillades ne sont pas rares à Mogadiscio, où les islamistes radicaux shebab mènent toujours ponctuellement des attaques meurtrières, mais la zone de l'aéroport, qui abrite aussi une importante base de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), les bureaux des différentes agences de l'ONU ainsi que plusieurs ambassades ou représentations diplomatiques, est placée sous haute protection. "Il n'y a eu aucune fusillade dans l'aéroport ou les zones proches avant cet incident", a souligné Mohamed Omar. Une enquête a été ouverte.

Pousser les enfants à abandonner les armes et retourner à l'école

Almaas Elman Ali devait assister à une réunion du Elman Peace Center, fondé en 1990 par son père, Elman Ali Ahmed, un homme d'affaires et militant de la société civile, lui-même assassiné en 1996.

Elle était rentrée en Somalie pour aider le centre qu'elle dirige avec sa sœur, Elwad Elman, pressentie pour le prix Nobel de la paix 2019, et leur mère, Farton, dans ses programmes de lutte contre la violence. L'un d'entre eux en particulier qui encourage les enfants et les jeunes adultes à abandonner les armes pour retourner à l'école.

Selon le site Sahel Intelligence, le gouvernement somalien a condamné fermement le meurtre par balle de la célèbre militante des droits de l’Homme et annoncé l'ouverture d'une enquête approfondie sur l’incident afin de traduire les responsables en justice.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont aujourd'hui perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.